Faits divers Pour la première fois, des scientifiques ont démontré le lien entre une exposition au cyanure et l’athérosclérose.

Particules fines, ozone, dioxyde d’azote… On le sait : la pollution atmosphérique a un impact sur la santé, et notamment sur l’augmentation du risque lié aux maladies cardiovasculaires. Mais comment ces polluants agissent-ils concrètement sur notre corps ? Pour la première fois, une équipe de chercheurs de l’Université libre de Bruxelles est parvenue à démontrer un lien direct entre une exposition à un gaz polluant et l’athérosclérose (une maladie des artères).

Les chercheurs de l’ULB se sont penchés sur la métabolisation de l’acide cyanhydrique, la forme volatile du cyanure. Il s’agit d’un gaz polluant généré par la combustion des matières organiques issue de l’utilisation de moteurs thermiques, la consommation de tabac, les feux… Il ne fait donc pas partie des gaz mesurés lors de l’évaluation de la qualité de l’air comme le dioxyde d’azote ou l’ozone.

Les chercheurs ont tout d’abord démontré qu’une protéine humaine impliquée dans le développement de l’athérosclérose est capable d’oxyder ce cyanure, ce qui favorise la transformation de protéines circulant dans le sang. Avec l’aide d’équipes autrichienne et américaine, ils ont ensuite injecté du cyanure dans un modèle mimant les maladies cardiovasculaires. Cette expérience démontre que l’exposition au cyanure induit l’accumulation de protéines modifiées par ce polluant spécifiquement dans les plaques d’athérome à l’origine de certaines maladies cardiovasculaires. Les protéines modifiées de cette manière sont également impliquées dans le déclenchement de mécanismes inflammatoires pouvant devenir chroniques.

C’est donc la première fois que l’on démontre chez un être vivant un lien direct entre une exposition à un gaz polluant et l’augmentation du risque de développer une maladie cardiovasculaire.