Faits divers

1.708 fibres retrouvées sur les vêtements


LIÈGE "1.708 fibres concordantes retrouvées : c'est vraiment beaucoup", a dit, ce début de semaine, un des experts de l'institut de criminalistique chargé d'examiner les vêtements portés par Stacy, Nathalie et Abdallah Ait Oud. Ce total porte sur onze types de fibres dont deux qualifiées de "très rares".

Le travail consenti pour ces expertises a été considérable. "Cinq personnes ont travaillé pendant plus de six mois, soit plus de 4.000 heures de travail", a confirmé l'expert. Celui-ci a également rappelé que, vu le temps passé dans l'eau par les vêtements des deux gamines et vu le lavage des vêtements d'Abdallah Ait Oud, "plus de 90 % des fibres du départ avaient été perdues" .

Ces fameuses fibres sont microscopiques. "Elles mesurent quinze millièmes de millimètre !" a dit l'expert, avant de préciser : "Il n'y a pas de scène de crime sur laquelle il n'y a pas de fibres. Lorsqu'il y a contact, il y a des fibres". Et contact, il y a eu. "Un contact intense en durée et en pression" , note l'expert. "Et c'était, pour les victimes, le dernier contact."

Comme on le voit, ces expertises-là ont été menées avec un soin tout particulier. Elles ont notamment permis de retrouver des fibres textiles des vêtements de Nathalie à... l'intérieur et sur le slip d'Abdallah Ait Oud et, inversement, des fibres des vêtements de l'accusé, à l'intérieur de ceux des gamines.

Les investigations n'en sont pas restées là. Les experts se sont également penchés sur la possibilité d'un transfert de fibres dans le cas où l'accusé aurait porté les fillettes sur le podium. "Ce n'est pas ce type de traces que l'on relève" , dit l'expert qui a également examiné d'autres fibres textiles. Celles des vêtements de la famille de Nathalie et Stacy, ou celles d'une couette de l'appartement de la copine de l'accusé. Des fibres de cette couette ont été retrouvées sur les vêtements, mais il s'agit de transferts secondaires.

Ce témoignage apporte évidemment pas mal d'eau au moulin de l'accusation. Abdallah Ait Oud, lui, n'aime pas trop. "Il n'avait pas l'air très crédible dans ce qu'il disait", affirme-t-il en se remémorant sa rencontre avec l'expert. "Il disait qu'il faisait ses recherches sur Internet..."



© La Dernière Heure 2008