Faits divers Des actes qui reflètent, selon un psychologue, un état de désespoir avancé.

D’ordinaire assez rares, les cas d’infanticides ou de tentatives d’un tel acte semblent être plus fréquents ces derniers temps, spécialement en région liégeoise. En un mois à peine, trois cas ont tristement marqué l’actualité.

Une mère a tenté d’égorger ses trois enfants à Grâce-Hollogne, le 31 août dernier, avant de se suicider. Le 9 septembre à Seraing, Tatyana Hylko a tué son fils de 11 ans à coups de hache, sa fille de 15 ans ayant réussi à éviter le pire en prenant la fuite.

Enfin, samedi dernier à Liège, Eddy Michel a tué ses deux fils, âgés de 4 et 7 ans, à coups de couteau, avant de s’ouvrir son propre avant-bras. Les faits se sont déroulés après qu’Eddy s’est disputé avec la mère de ses enfants. Les deux anciens compagnons étaient séparés depuis janvier.

Comment appréhender des faits d’une telle violence ? Comment les parents en arrivent à de tels actes ? " Les infanticides peuvent provenir de toute une série de troubles psychologiques, comme des cas de dépression extrêmement prononcés ", commence Adélaïde Blavier, chargée de cours et responsable de l’unité de Psychotraumatisme et Psychologie légale de l’Université de Liège, " les personnes se retrouvant alors dans un état d’irréalité qui peut aller très loin ".

C’est dans cette absence totale d’espoir, et d’impression que le chemin est sans issue, que certains individus veulent en finir avec la vie, emmenant avec eux leurs enfants.

" Les séparations conflictuelles peuvent aussi amener certaines dans l’irrationalité ", explique Adélaïde Blavier, " certains souffrent d’un état de détresse émotionnelle tel que la souffrance prend le dessus. Les enfants sont l’enjeu et certains peuvent commettre cet acte pour supprimer cette cause de souffrance ou pour infliger le tort ultime à l’autre ."

État de désespoir avancé, vengeance, ou imbrication des deux, l’infanticide est généralement très violent, comme le montrent les derniers cas observés en région liégeoise. " Cet acte est tellement insupportable pour le parent qui le commet qu’il doit être le plus souvent commis dans un état de rage très avancé, dans un état second " indique la psychologue.

" Si un tel acte peut provenir d’une pathologie préexistante chez l’individu, il peut aussi être causé par une relation pathologique ou par un contexte économique, social et familial qui doit être pris en compte ", conclut Adélaïde Blavier.

Eddy a tué ses enfants avec un couteau

Eddy Michel, un Liégeois âgé de 37 ans, est soupçonné d’avoir tué ses deux enfants samedi matin à son domicile dans le quartier de Sainte-Walburge. Il a été inculpé d’assassinat, placé sous mandat d’arrêt et écroué à la prison de Lantin. Auditionné par la justice, il a reconnu les faits.

L’autopsie des corps des deux victimes, respectivement âgées de 4 et 7 ans, a été réalisée lundi au cours de l’après-midi. D’après les premières conclusions faites par le médecin légiste, les enfants ont été tués par des coups de couteau. Les services judiciaires en charge du dossier écartent dès lors l’hypothèse de l’usage d’une disqueuse ou de tout autre objet pour commettre les meurtres.

Eddy Michel comparaîtra pour sa part ce mercredi devant la chambre du conseil de Liège, qui confirmera, ou non, son maintien sous mandat d’arrêt.