Les jurés se pencheront jeudi matin sur la cas de Mohamed Jratlou

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Faits divers

L'avocat a demandé aux jurés d'intégrer dans leur réflexion le fait que Wasir, le frère aîné de la victime, se montrait étonné cette semaine que sa maman ne ramenait pas son papa


MONS La journée de mercredi était consacrée aux plaidoiries des différentes parties et au réquisitoire du ministère public au procès de Mohamed Jratlou, devant la cour d'assises du Hainaut, présidée par Olivier Delmarche. L'accusé doit répondre du meurtre de son fils Younes, 4 ans, retrouvé le 10 novembre 2009 dans les eaux de la Lys, à Comines, deux semaines après sa disparition. Au terme de la journée de mercredi, les avocats ont entamé leurs répliques. Dans son commentaire, Me Jean-Jacques Vandebroucke a précisé, à la requête de Naïma Zraidi, que l'obsession de sa cliente à vouloir démontrer l'innocence de son mari n'avait rien de maladif et n'obstruait pas son regard sur les faits.

L'avocat a demandé aux jurés d'intégrer dans leur réflexion le fait que Wasir, le frère aîné de la victime, se montrait étonné cette semaine que sa maman ne ramenait pas son papa avec elle pour qu'il rentre à la maison.
L'avocate générale, Ingrid Godart, a rappelé que, concernant les difficultés d'expression de l'accusé, elles ne pouvaient être prises en compte, les services d'un traducteur lui ayant systématiquement été proposés. Offre qu'il a déclinée à chaque fois, à l'exception du procès.

Ingrid Godart a également souligné que si pour Naïma Zraidi, le fait que son mari ait juré son innocence sur le Coran constitue pour elle une preuve péremptoire, sa conviction ne pouvait en aucun cas être prise en compte.
Le ministère public a conclu en s'adressant à Me Magnée: "Si vous êtes convaincu de l'innocence de votre client, Me Magnée, pourquoi alors avoir demandé de poser la question des coups et blessures volontaires?", a interrogé l'avocate générale.

"Pas de mobile, pas de preuve matérielle. Mon client est innocent", a rétorqué Me Xavier Magnée, conseil de l'accusé.

Pour répondre à la réplique du ministère public, Me El Malki Adil a souligné qu'être illettré engendrait des problèmes de mémoire, de structure, de confusion et de synthèse, à prendre en compte pour Mohamed Jratlou, son client.
L'audience est suspendue jusque jeudi matin. Après de courtes explications d'usage, le jury se retirera en délibération.

© La Dernière Heure 2012

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