Faits divers

Assises de Bruxelles : la thèse de l'accusation

BRUXELLES La cour et le jury d'assises de Bruxelles-Capitale ont entendu la plaidoirie de la partie civile et le réquisitoire du procureur général au procès de Khalid Halui, 23 ans, de Bilal Bouquersa, 21 ans, de Ridouan Hmidou Lamarti, 20 ans, et de Mohamed El Hakkouni, 22 ans. Les quatre accusés répondent d'un vol avec violences avec la circonstance que la victime a perdu un oeil.

Au nom de Willy Roobaert, Me Amaury de Craecker a qualifié les accusés de "patrouilleurs de la terreur" et leur comportement de "lâche". Le plaideur a rappelé que son client leur a tendu la main en leur demandant seulement de dire la vérité, n'étant, pour le reste pas vindicatif, disant s'intéresser peu aux peines qui leur seront infligées et espérant qu'ils sortiront de prison meilleurs que quand ils sont entrés. "Mais cette seule chose que vous demande M. Roobaert, la vérité, vous ne la lui donnez même pas", s'est irrité Me de Craecker qui n'a pas aimé non plus une phrase d'un expert psychiatre, le docteur Michel Elias, qui avait considéré en audience publique que "la voix de Willy Roobaert a été agaçante, d'une naïveté agaçante".

L'avocat du plaignant de souligner que ce dernier "a toujours été un homme doux et bon qui trouve normal de faire du stop à minuit, parce qu'il s'agit d'un droit élémentaire dans une société humaine, démocratique et de paix".

Le procureur général, Bernard Dauchot, a dit vouloir combattre l'apparente division entre les accusés. "Il n'y a pas Halui contre les trois autres. Quand la voiture de Halui a dépassé la place de Brouckère où M. Roobaert voulait descendre, ce dernier a demandé de pouvoir sortir le plus vite possible. Bouquersa, Hmidou Lamarti et El Hakkouni avaient le pouvoir d'obtenir que Halui s'arrête et laisse descendre la victime et ils n'en ont rien fait. À trois, ils pouvaient faire bloc, s'ils sont trois contre un. Non, ils se sont tous les quatre associés pour amener M. Roobaert au terrain vague."

Le magistrat de l'accusation voit notamment dans le silence, qui a suivi le passage à la place de Brouckère, "la preuve de l'osmose entre les quatre accusés".

M. Dauchot a considéré que les quatre doivent être déclarés coupables des mêmes chefs d'accusation, même si un seul a porté le coup fatal au dernier oeil de la victime.



© La Dernière Heure 2008