Faits divers Ils accusent l’administration d’offrir à un marchand de bestiaux des animaux rescapés de la maltraitance.

La guerre est déclarée entre les refuges du Sud du pays et l’administration wallonne du bien-être animal (UBEAW).

Réunis hier matin dans les installations de l’ASBL Animaux en péril, à Meslin-l’Évêque (Ath), leurs responsables ont annoncé la fin de toute collaboration avec les services d’inspection vétérinaire dépendant du SPW. Une importante saisie ordonnée en mars dernier par l’organisme incriminé à Saint-Denis, près de Mons, a été le déclencheur de cette rébellion.

À l’époque, une descente avait eu lieu chez une particulière qui détenait dans des conditions désastreuses près de 80 animaux de ferme et de compagnie dont certains avaient rendu l’âme bien avant l’intervention.

Si les pauvres bêtes ont rejoint les centres de revalidation agréés pour y être soignées, la décision pour le moins surprenante de l’UBEAW de céder une petite partie du cheptel à un marchand de bestiaux est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Parmi la quinzaine d’animaux rescapés promis à des éleveurs et qui risquent de finir à l’abattoir figure la brebis Heidi. Les refuges en colère en ont fait le symbole de leur combat. "L’UBEAW a pris une décision scandaleuse et incompréhensible allant à l’encontre de sa mission première qui est d’œuvrer en faveur du bien-être animal. Les refuges ont le sentiment d’être les victimes d’un conflit interne opposant l’administration au cabinet du ministre Di Antonio à l’heure où ce dernier durcit le cadre législatif sur la détention d’animaux."

Désormais coalisés, les refuges n’accueilleront plus les animaux que lui envoient l’UBEAW tant que celle-ci ne sera pas dissolue et réformée en profondeur. Ses porte-parole envisagent encore de contester en justice la demande de l’UBEAW portant sur la restitution des animaux tout en engageant d’éventuelles poursuites contre la cellule d’inspection vétérinaire dont ils dénoncent les méthodes et les dysfonctionnements.

Des menaces qu’ils ne devront peut-être pas mettre à exécution puisque sous la pression des refuges et celle d’une opinion publique indignée, le ministre a d’ores et déjà enjoint son administration de maintenir les animaux saisis à Saint-Denis dans les refuges où ils se trouvent actuellement.

Carlo Di Antonio rencontrera ce mercredi les responsables des refuges afin d’entendre leurs revendications.


Une saisie particulièrement éprouvante

De l’avis même des services intervenus au domicile de cette dame décrite comme une véritable collectionneuse d’animaux, cette saisie est l’une des plus importantes et éprouvantes opérées ces dernières années en Belgique. Ayant duré près de sept heures et mobilisé pas moins de 12 refuges agréés, l’opération de sauvetage de mars dernier en région montoise s’est déroulée après de nombreuses plaintes émanant d’associations et de particuliers. "Sur place, nous avons découvert plusieurs bêtes à l’état de cadavre gisant au milieu d’un troupeau composé d’animaux de basse-cour mais aussi de chevaux, de chiens et de chats qui croupissaient sans aucun soin dans la boue et leurs excréments", témoignent les équipes ayant été appelées à intervenir ce jour-là.

Toujours selon les sauveteurs visiblement marqués en revoyant certaines photos de l’intervention, certains spécimens étaient si affaiblis qu’il a fallu les porter car ils n’étaient plus capables de monter seuls dans les camions devant les acheminer vers les différents centres de revalidation. "D’autres ont été à ce point négligés et maltraités qu’ils étaient redevenus sauvages", racontent ceux qui les ont tirés de cet enfer.