Faits divers Aucun cadre juridique n’existe pour le moment pour protéger les policiers.

Le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (NVA), a annoncé hier midi la mise en place prochaine du projet pilote concernant l’utilisation du taser pour la police. Quatorze zones ont été sélectionnées pour participer à la période de test. Il s’agit notamment des zones Midi et Ouest à Bruxelles, de la Police boraine, de Liège, d’Arlon-Attert-Habay-Martelange, de Beloeil-Leuze-en-Hainaut, Mons-Quévy et d’Aiseau-Presles-Châtelet-Farciennes.

Ce projet ne ravit pas du tout les syndicats malgré ce qu’affirmait le ministre de l’Intérieur. Au contraire, ils demandent la suspension du projet pilote. "Nous sommes très remontés. C’est de la folie. C’est une gifle aux policiers. On bafoue la concertation sociale. On a indiqué mardi que ce n’était pas une bonne idée et qu’on était contre lors du comité supérieur de concertation. C’est un comportement de despote", explique Thierry Belin, secrétaire du Syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS).

Les syndicats s’opposent en front commun à cette décision car les policiers ne sont pas protégés. Aucune base légale claire n’existe pour le taser et il n’y a pas de protection juridique des policiers. "Les juristes de la police fédérale sont d’accord avec nous. S’il y a un problème, c’est l’agent qui se retrouvera au tribunal. Il y a un risque réel", s’inquiète Thierry Belin.

L’utilisation du taser et la formation des agents inquiètent aussi les organisations syndicales, comme le détaille Thierry Belin : "Il y a des risques évidents qui ne sont pas bien définis. Dans certains cas, il y a un risque de mort pour la personne qu’on neutralise avec le taser. Par exemple, si la personne est cardiaque ou a bu. De plus, il faudrait trois agents lors de ce type d’opération. Un pour utiliser le taser et deux autres pour rattraper la personne qui pourrait tomber. Vous imaginez ?"

Les syndicats comptent se faire rapidement entendre sur ce sujet et insistent auprès des agents pour qu’ils n’utilisent pas les tasers dans le cadre légal actuel.