Faits divers

Au troisième jour du procès de VP et AM, deux jeunes Bruxellois accusés d'avoir tué Kevin Marichal dans le parc Georges-Henri à Woluwe-Saint-Lambert le 14 janvier 2011, la cour d'assises de Bruxelles-Capitale délocalisée à Nivelles a entendu les témoins de la bagarre mortelle. Plusieurs d'entre eux se sont dits marqués par le calme, la détermination et la froideur des agresseurs. Ils ont eu l'impression d'un règlement de compte de type mafieux alors qu'à l'époque, les deux accusés étaient encore mineurs d'âge. Décrivant la fin de la bagarre au cours de laquelle Kevin Marichal a été frappé de 41 coups de couteau, un homme qui a vu la scène depuis sa fenêtre a indiqué que les deux agresseurs avaient quitté les lieux de manière calme, comme s'ils venaient de donner une bonne leçon à quelqu'un et qu'ils rentraient tranquillement chez eux.

"L'un d'eux a émis un cri qui m'a complètement glacé, comme si beaucoup de tension interne était relâchée, avec une forme de fierté. Ils marchaient comme s'ils étaient chez eux, c'est pour cela que je me suis dit qu'il s'agissait d'un règlement de compte", a continué le témoin.

Une dame qui a alerté les secours a indiqué devant les jurés qu'elle avait eu la très nette impression d'assister à une mise à mort. Elle a confirmé que la victime était pliée en deux, sans plus être en état de se défendre, et que les deux agresseurs la contrôlaient en traversant l'avenue Georges-Henri à deux reprises. Elle aussi s'est dite glacée par l'allure de VP, qui criait distinctement sur la victime, dans une sorte de colère froide et sans s'inquiéter de ce qui se passait aux alentours, alors qu'AM continuait à le rouer de coups.

Un automobiliste qui a assisté de loin à la traversée de l'avenue par les deux agresseurs et la victime - qui marchait pratiquement à quatre pattes à la suite de ses nombreuses blessures - a eu l'impression, de loin, qu'il s'agissait de personnes qui promenaient un chien. Ce n'est qu'en s'approchant qu'il s'est aperçu qu'il s'agissait d'un être humain, dont le visage et le torse ruisselait de sang.

Les avocats de la défense n'ont posé aucune question aux témoins. Mardi, la journée sera consacrée à l'audition des enquêteurs et de la juge d'instruction chargée de ce dossier.