Faits divers Comme pour Lahaut et Lumumba, une suggestion proposée hier par des députés.

Interrogé hier après-midi en commission Justice de la chambre, le ministre de la Justice Koen Geens n’a pas rejeté l’idée (et lui a plutôt marqué de l’intérêt) lancée par deux députés Ecolo, Stefaan Van Hecke et Gilles Vanden Burre, de confier l’affaire des tueries du Brabant à un comité d’historiens. Mais pour Koen Geens, le moment n’est pas opportun et la priorité est de laisser l’enquête se poursuivre jusqu’à l’été 2021.

Dans deux dossiers politico-criminels, l’assassinat de l’opposant congolais Patrice Lumumba et précédemment celui du leader communiste Julien Lahaut, un comité d’historiens a repris les dossiers où la vérité n’était pas faite. La démarche historique a obtenu des résultats très positifs. S’il n’était pas décédé entre-temps, un suspect - André Moyen - aurait même pu être inquiété par la justice.

Le député Gilles Vanden Burre, contacté hier soir, se promettait de revenir "plus tard" sur ce projet qu’il verrait parfaitement confier au même comité d’historiens ayant travaillé sur Lahaut et Lumumba.

S’agissant de la nouvelle enquête dans l’affaire des tueries, Koen Geens s’est abstenu de s’exprimer sur l’abandon de la piste de l’ex-gendarme Bonkoffsky. Le ministre a expliqué que la nouvelle équipe, forte de 30 policiers, est divisée en cinq sous-sections : quatre sont engagées chacune sur un axe d’enquête, la cinquième constituée en soutien, traite et analyse les derniers témoignages et les nouvelles informations qui entreraient.

Koen Geens n’a affirmé à aucun moment que l’enquête "suit une nouvelle piste". Il a par contre redit sa conviction qu’aucune équipe n’a jamais aussi bien travaillé que l’actuelle. Koen Geens a redit que les enquêteurs promettent un procès dans trois ans.

Sur quelle base ? Geens n’a, dit-il, aucun élément pour garantir un procès des auteurs dans trois ans, mais l’équipe l’a promis et il la croit et la soutient. Et puis, ont compris les députés présents, on n’a plus le choix. Car après 2021, ce sera la prescription "qu’on ne va pas rallonger indéfiniment".