Faits divers Le mineur avait été traîné jusqu’à Gand en février dernier. Son père avait dû payer 300 € de rançon pour pouvoir libérer son fils.

C’est une bien sordide histoire qui s’est déroulée à Comines le 16 février dernier. En effet, Lewis a ce jour-là été retenu en otage suite à une somme d’argent qu’il devait à ses ravisseurs dans le cadre d’un trafic de stupéfiants. Ce sont trois individus qui sont tout d’abord venus le chercher, dont faisaient partie Michaël, le dirigeant du trafic âgé de 24 ans, et celui qui était considéré comme son chauffeur, Jérémie, âgé, lui, de 19 ans.

"Il me devait de l’argent", explique Michaël. "Je suis allé à sa rencontre, je lui ai porté une claque et je lui ai demandé de me suivre." L’adolescent est alors monté en voiture avec les deux hommes. Ils ont pris la route vers Gand où le calvaire du jeune homme a débuté. Il a tout d’abord reçu des menaces avant de voir les deux individus appeler son père pour lui réclamer l’argent.

"Si tu ne nous donnes pas l’argent, on va venir brûler ta maison et jeter ton fils qui saigne déjà dans le canal", ont dit les ravisseurs à Tony, le père de la victime. Ce dernier a évidemment pris peur et a rapidement réuni les 300 € demandés par ses interlocuteurs. Le rendez-vous avait alors été donné au niveau du marché couvert de Comines où un mineur d’âge, au service de Michaël, attendait le père.

Une fois faite la confirmation de l’argent remis, les ravisseurs ont alors relâché Lewis. Le jeune homme n’en est cependant pas sorti indemne puisqu’un couteau lui avait été planté dans la main. La jeune victime a d’ailleurs été profondément marquée par cette terrible scène. Lewis a mis fin à ses jours quelque temps plus tard.

Neuf mois après les faits, les auteurs semblent impassibles. "C’est regrettable", estime tout de même Jérémie, le chauffeur. "Tout cela ne se serait pas passé si je n’avais pas mis à disposition mon véhicule. Quand j’ai appris que Lewis s’était suicidé, je me suis senti coupable…"

Les deux individus ont comparu devant le tribunal correctionnel de Tournai ce jeudi. De lourdes peines ont été requises par Christian Parent, le substitut du procureur du Roi, à leur encontre. Michaël risque ainsi douze ans d’emprisonnement alors que dix ans ont été requis contre Jérémie.