Faits divers La Gantoise demande plus de 40 devoirs d'enquête

NEUFCHÂTEAU C'est aujourd'hui que la chambre du conseil de Neufchâteau doit se prononcer sur la demande de Regina Louf: la Gantoise réclame plus de 40 devoirs d'enquête sur les faits qu'elle a dénoncés. Elle veut aussi que son dossier soit joint au dossier Dutroux-bis, autrement dit le dossier relatif à des réseaux pédophiles. De son côté, le parquet chestrolais a demandé son déssaisissement. Motif invoqué par Michel Bourlet, le procureur du Roi: les faits rapportés n'ont pas été commis dans son arrondissement. «Ma conviction, c'est que ma cliente est de totale bonne foi», nous précisait hier Patricia Vandersmissen, l'avocate de Régina Louf. «Les psychiatres qui l'ont examinée estiment qu'elle n'est ni folle, ni menteuse ni manipulatrice. Cela dit, je ne suis pas très optimiste quant à la décision qui sera prise à Neufchâteau. Il me semblerait légitime et logique que l'affaire soit confiée au parquet fédéral.» Même son de cloché du côté de l'intéressée: «J'espère que le dossier ira dans un parquet qui prendra ses responsabilités et qui investiguera», nous disait-elle hier. «Je ne suis pas une menteuse. Je ne change rien à ce que j'ai dit. C'est la justice qui doit prendre ses responsabilités.»

Pour rappel, Regina Louf, 33 ans, mariée, mère de 4 enfants, commence à témoigner le 20 septembre 1996. Elle figure parmi tous ceux qui forment le numéro vert mis en service à Neufchâteau par le juge d'instruction de l'époque, Jean-Marc Connerotte. Objectif: recueillir un maximum d'informations sur d'éventuels autres faits de moeurs qui pourraient être imputés à Dutroux ou aux autres co-inculpés. Plus de 470 appels seront ainsi enregistrés. Question de préserver l'anonymat de leurs auteurs, ces dossiers sont classés X: X 1, X 2, X 3... Régina Louf, alias X 1, apparaîtra à visage découvert au début de l'année 1998.

A l'en croire, elle a notamment été victime depuis son enfance d'un réseau de pédophiles dont auraient fait partie Dutroux, Nihoul, Wenstein, des personnalités politiques, de hauts responsables de l'Etat. Elle prétend avoir assisté à des orgies sexuelles avec meurtre de plusieurs dizaines d'enfants. Elle soutient que Christine Van Hees a été tuée devant elle, le 13 février 1984, lors d'une orgie dans la champignonnière d'Auderghem. Elle évoque d'autres victimes du même réseau, Carine Dellaert, Katrien De Cuyper... Des enquêteurs ont relu le dossier. Leur conclusion: rien ne tenait la route...

© La Dernière Heure 2003