Faits divers Le parquet a requis jusqu’à 15 ans de prison contre les auteurs présumés d’une dizaine de braquages et home-jackings.

Près de cinq mois après le démantèlement de la bande, le gang des perruques comparaissait jeudi devant la chambre correctionnelle du grand banditisme, à Bruxelles.

Il se voit reprocher une association de malfaiteurs et la participation à huit braquages commis en février et mars 2014, à l’aide d’armes de guerre et de pistolets-mitrailleurs de la Seconde Guerre mondiale MP40. Les faits ont été commis dans les communes de Wavre-Sainte-Catherine, Hoeilaart, Beersel, Zaventem, Namur, Etterbeek, Schaerbeek et Bruxelles. La brasserie Saint-Georges de Schaerbeek, le Marché matinal de Bruxelles et l’agence bpost de Zaventem avaient notamment fait les frais de l’équipée.

Parmi les cinq prévenus, deux hommes sont plus particulièrement sous les feux de la rampe : Cihan Cagro et Hakan Uyanik. Le ministère public a requis 15 ans de prison contre le premier et 8 ans contre le second.

Cagro, en aveux des faits du Marché matinal et de la poste de Zaventem, a passé plus de dix ans sous les verrous. Il est également prévenu pour une tentative de meurtre contre Serge Nagels, le patron du Manège les Drags, un centre équestre de Hoeilaart. En février 2014, deux hommes masqués et portant perruques étaient venus chez lui, munis d’armes lourdes. "C’était en soirée. Ils sont arrivés en hurlant, ont ordonné à tout le monde de sortir les portefeuilles et ont demandé où se trouvait le coffre", raconte cet homme de 64 ans.

"Ils ont saisi le bras de ma femme et l’ont frappé contre le comptoir puis m’ont cherché. Je leur ai dit dégagez, sales connards ! Je criais plus fort qu’eux et j’ai voulu arracher le masque du leader. J’étais fou furieux. Il a alors saisi son flingue et a tiré deux fois. J’ai été touché à l’épaule et au pied. Il y avait un médecin dans la salle qui a heureusement pu s’occuper de moi, mais j’ai perdu deux litres de sang", décrit Serge Danels.

L’homme qui a tiré les coups de feu, Cihan Cagro, a demandé la clémence du tribunal. "Cela fait des années que je suis en prison. Les faits, je les ai commis, ils sont là. Il faut me donner ma chance. Je suis désolé…"

L’autre prévenu, Hakan Uyanik, nie quant à lui les faits, ne reconnaissant que l’utilisation de faux papiers d’identité grecs. Son avocat, Me Olivier Martins, affirme que, "malgré son profil de l’emploi, aucun élément matériel ne peut le lier aux braquages". L’homme avait été lourdement condamné en France avant de profiter d’un congé péniten-tiaire pour s’évader.

Le ministère public a requis des peines allant jusqu’à trois ans de prison contre trois autres prévenus, suspectés d’aide logistique et de complicité. L’un d’entre eux, Findik K., un restaurateur, est soupçonné d’avoir gardé dans son box la moto qui a servi aux braquages, ainsi que d’avoir renseigné les auteurs sur des cibles potentielles.

Le tribunal rendra sa décision le 22 mai.