Faits divers Lucien Carron, 82 ans a perdu son père, son petit-fils, sa sœur et le mari de celle-ci dans trois accidents différents.

Certains d’entre nous restent épargnés par les drames, d’autres doivent faire face à la mort d’un être aimé, d’un membre de leur famille ou d’une connaissance dans un accident. Mais Lucien Carron, lui, a été confronté à quatre drames de ce type. "En 1987, mon père a été tué par une voiture alors qu’il traversait une rue à Poperinge, raconte-t-il. Mon père était en faute et il avait le même âge que moi aujourd’hui. Sa mort violente a été très douloureuse, mais au moins il a eu le temps de vivre sa vie."

Le 18 février 2012, un accident le long de la E403 a coûté la vie à son petit-fils, Lukas Mostaert. "Je pense encore à lui tous les jours. J’avais de très bons contacts avec lui. Il avait encore toute la vie devant lui. Sa mort a été un grand choc pour toute la famille et spécialement pour ma fille et son époux. Mais nous faisons de notre mieux pour avancer."

Mais ce n’est malheureusement pas le dernier décès violent auquel a été confronté Lucien. Le 14 mars 2016, un conducteur de poids lourd âgé de 26 ans est entré en collision avec le véhicule de sa sœur Marie-Christine Carron et de son mari, Gerard Vanthournoudt. Ils étaient tous les deux âgés de 82 ans. Ils se tenaient à la fin d’un embouteillage à la jonction entre l’E403 et l’E17 et leur voiture a pris feu immédiatement après l’accident. Il n’y avait malheureusement plus rien à faire pour sauver le couple. "Comme moi, ils étaient en route pour les funérailles de ma sœur, continue Lucien. Nous avons trouvé étrange de ne pas les voir à la cérémonie. Nous avions entendu à la radio qu’il y avait beaucoup d’embouteillages suite à un accident. Mais ce n’est qu’après mon retour que j’ai appris que Marie- Christine et Gérard étaient morts."

Hier, Lucien s’est rendu au tribunal de police de Courtrai. "Je pense que ça peut m’aider à faire mon deuil. Il n’est pas question d’argent ici. Je n’ai rien demandé. Ça m’a fait mal de voir que le chauffard a essayé de minimiser sa responsabilité. Gerard et Marie-Christine sont morts par sa faute, ce que son avocat reconnaît aussi. Leur voiture était méconnaissable ! J’espère que le tribunal de police lavera ma sœur et son époux de toute culpabilité."

À la fin de la séance, le camionneur a présenté ses excuses à Lucien. Son avocat a tenté de semer le doute en suggérant que le véhicule du couple ou d’une autre voiture avait effectué une manœuvre tardive. Auparavant, il avait soutenu que Gérard et Marie-Christine étaient peut-être décédés avant l’accident en raison d’une insuffisance cardiaque ou d’un autre problème médical. Le juge de police avait été invité à effectuer une nouvelle autopsie.