Faits divers

Les trois autres membres du comité de direction de l'ICDI paient-ils les erreurs de leur président ? Pas sûr

CHARLEROI Ils ne savaient rien des manigances de Cariat. Ils ne pensaient pas que c'était illégal puisque "toutes les intercommunales font comme ça". Au lendemain de leur inculpation pour faux, usages de faux, détournements et abus de biens sociaux, les ex-membres du comité de direction de l'ICDI pensent payer sur le principe de collégialité.

L'ex-échevin de Charleroi Serge Omer, l'ancien bourgmestre de Gerpinnes Roland Marchal et l'ex-échevin de Châtelet Henri Lemarque sont inculpés, disent-ils, à cause les erreurs commises entre 2001 et 2006 par leur président de l'époque, Lucien Cariat. Et pourtant, il fallait être aveugle pour ne pas relever ce que la juge Baeckeland a épinglé dans ses dossiers. Il y va en effet de mises à disposition de personnel et de véhicules de l'ICDI à des fins étrangères, de frais de voyages sans rapport avec l'objet de l'intercommunale, de réunions fictives qui ont fait l'objet de jetons de présence ou encore de business seats achetées au club de futsal Action 21 avec la caisse de l'ICDI.

Et puis, il y a cette décision collégiale qui a permis à Lucien Cariat de continuer à percevoir son double salaire de président-directeur, alors qu'un décret de la Région wallonne avait interdit le cumul de ces mandats. On parle enfin du projet d'engager l'ex-star du Sporting de Charleroi, Christian Vavadio, comme public relations du club de futsal Action 21. Sur le compte de l'ICDI et par le truchement d'une société luxembourgeoise. Cela fait beaucoup.

Et puis, il y a ces subsides versés à des associations culturelles qui s'occupent de marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse. Comme cette asbl qui s'occupe de la Sainte-Rolende de Gerpinnes, fief de Marchal, et qui a vu son déficit comblé avec l'argent de l'ICDI. Comme la Saint-Roch de Châtelet, sur les terres de Lemarque, qui a reçu une subvention de 25.000 euros.

Des petits coups de pouce sur lesquels on a sans doute fermé les yeux, parce qu'ils pouvaient être électoralement bénéfiques. Bien évidemment, des faux P.-V. et des conventions de sponsoring truquées ont permis de camoufler tout ça, ce qui justifie l'inculpation du comité pour faux et usages de faux. Entre Cariat et les autres, on se rejette la balle. Ce sera certainement le cas des avocats tout au long de la procédure.



© La Dernière Heure 2007