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Visé par un dossierà l'instruction à Bruxelles, le député et président du FDF ne répond pas aux convocations...

BRUXELLES Olivier Maingain, 45 ans, de Bruxelles, est concerné par un dossier mis à l'instruction chez le juge Jacques Pignolet.

Ce dossier de diffamation et faux et usage résulte d'une plainte avec constitution de partie civile déposée à sa charge par l'échevine de Woluwe, Danielle Caron.

Cette dernière, contactée par nos soins, se refuse à tout commentaire. Mais la justice a visiblement décidé d'aller de l'avant. L'affaire est traitée par la police fédérale. Mme Caron a été entendue au moins déjà à deux reprises. L'une d'elles a duré quatre heures. Le magistrat instructeur a décidé de faire entendre plusieurs témoins. Georges Désir, bourgmestre de Woluwe-St-Lambert, a été vu avant-hier dans les services de la police fédérale chargés des affaires dites spéciales.

Selon un constitutionnaliste, l'immunité dont bénéficie un parlementaire n'autorise pas celui-ci à ne pas répondre aux convocations d'un juge. Un juge d'instruction ne pourrait délivrer mandat d'arrêt, par exemple, sans que le parquet général ait d'abord obtenu la levée de son immunité. En revanche, un juge serait parfaitement en droit d'interroger et au besoin d'inculper Maingain.

Par deux fois au moins, Olivier Maingain a été convoqué par l'inspecteur Guillaume Bal. Par deux fois, Maingain ne s'est pas présenté.

Tout ça est à replacer dans le contexte des communales d'octobre 2006 (beaucoup y pensent déjà). Jusqu'en avril 2004 encore, Olivier Maingain présente Danielle Caron, en politique à Woluwe depuis 1982, comme la dauphine de Georges Désir vieillissant. Mais ça se gâte.

Danielle Caron, qui aime le terrain et n'a que 43 ans, aurait eu le malheur de refuser un poste de sénatrice que proposait Maingain peut-être pour lui laisser la place à Woluwe. De ce jour, l'entourage de Danielle Caron constate que tous les coups sont bons pour isoler la jeune femme. On lira par ailleurs que cela va jusqu'à l'empêcher de célébrer des mariages, l'écarter du 40e anniversaire d'une piscine ou des pages d'un toutes-boîtes local où l'échevin pouvait présenter ses voeux de Noël et nouvel an.

Contre le souhait - exprimé par vote - de l'instance de son parti, Danielle Caron est présentée en 70e place sur 86 lors des élections de juin 2003 à la Région (ce qui ne l'empêche pas pour autant de faire un carton).

Depuis lors, Danielle la Rebelle fait face. Son avocat, Marc Uyttendaele, parle d'une opération de déstructuration personnelle. Même si le mot n'est pas dans la plainte, les faits décrits s'apparentent à du harcèlement. Mme Caron a dû puiser dans ses ressources et s'accrocher à son entourage pour tenir le coup.

Maintenant, c'est stop!

L'incident avait été relaté: en novembre 2003, le président Maingain s'était comporté d'une façon particulière avec une autre jeune femme, la députée Amina Derbaki Sbaï, au point que la police militaire avait dû l'enfermer à double tour dans un bureau du Parlement de la Communauté française.

© La Dernière Heure 2004