Faits divers

Un couple s’est porté acquéreur de la maison où Geneviève Lhermitte a assassiné ses cinq enfants

NIVELLES La maison de l’horreur, dans laquelle Geneviève Lhermitte a assassiné ses cinq enfants le 28 février 2007 à Nivelles, pourrait bientôt être transformée en appartements. C’est en tout cas la destination que souhaitent lui donner Jacques Gilbert et Isabelle Cannivez, originaires de Genappe (Brabant wallon).

Ce couple de sexagénaires a en effet remporté les enchères organisées à l’occasion de la vente publique de cet immeuble de 464 m². Une vente effectuée en présence du docteur Schaar et de la sœur de Bouchaïb Moqadem ainsi que de Mes Janssens et Magnée, les représentants de Geneviève Lhermitte, et qui avait été postposée après la sortie du film de Joachim Lafosse, À perdre la raison – subsidié à hauteur de 620.000 € par le Centre du cinéma et de l’audiovisuel de la Communauté française –, pour éviter que l’habitation serve de décor au long-métrage.

Montant de la vente : 195.000 €. Une somme à laquelle il faut ajouter les frais de notaire et qui reste bien en deçà des estimations réalisées lors des expertises qui avançaient un montant de 300.000 € pour l’habitation.

Autant dire que le couple de Genappiens a réalisé une bonne affaire sur le plan purement immobilier lors de cette vente publique où très peu de candidats acheteurs se sont finalement manifestés. “Cette maison a connu des moments de bonheur entre les habitants habituels et occasionnels , avait lancé, au début de la séance, Me Jean-Paul Mignon, notaire à Ittre et adjudicateur de la séance publique. Les enfants y auraient été heureux. Une manière d’honorer leur mémoire est que la vie y reprenne ses droits et que la propriété soit à nouveau égayée par les rires d’autres enfants.”

Déjà propriétaires de la maison voisine, elle aussi transformée en appartements, Jacques Gilbert et Isabelle Cannivez comptent réaliser d’importants travaux dans l’habitation. “Nous souhaitons donner une nouvelle vie à la maison , explique Isabelle Cannivez qui dit ne pas avoir voulu réaliser une bonne affaire sur le compte de la mort des cinq enfants. Il n’est pas question de les oublier. Personne ne les oubliera jamais. Il faut donner de l’espoir et un sens à la mort de ces enfants qui ne demandaient qu’à vivre et qui devraient être là à jouer dans ce jardin aujourd’hui triste. La vie doit l’emporter sur la mort.”

La vente de l’habitation n’est toutefois pas définitive : ceux qui souhaiteraient surenchérir ont quinze jours pour le faire. Auquel cas une seconde séance de vente publique serait organisée le 13 août prochain.



© La Dernière Heure 2012