Maman dépressive, bébé insomniaque

C. Bo. Publié le - Mis à jour le

Faits divers

La dépression conduirait les mères à réveiller davantage leurs enfants la nuit

Selon des statistiques européennes parues dans le journal BMC Medicine , un Belge sur sept souffrira d’une dépression au cours de sa vie. Et il semble que les femmes aient deux fois plus de risques de souffrir d’une dépression que les hommes. En outre, la dépression postnatale ou post-partum toucherait une femme sur six.

Or, une étude américaine, publiée récemment dans la revue Child Development , montre que les femmes en dépression seraient plus susceptibles de réveiller inutilement leur bébé durant la nuit. Une attitude qui peut nuire au développement émotionnel et fonctionnel de l’enfant.

“Nous avons déterminé que les mères avec des symptômes élevés de dépression sont plus susceptibles de s’inquiéter excessivement de leurs bébés la nuit que les autres mères” , précise le directeur associé du Social Science Research Institute et professeur de développement humain, psychologie et pédiatrie, Douglas M. Teti.

L’étude a ainsi montré que lorsque les mères dépressives allaient voir leur enfant la nuit, ce dernier n’avait souvent besoin de rien. À l’inverse, les femmes ayant moins de symptômes de dépression allaient moins souvent voir ou réveiller leurs enfants en pleine nuit, sauf en cas de détresse.

Le professeur Teti souligne également que si la dépression où l’inquiétude de la mère nuit au sommeil de son enfant, cela peut aussi affecter, à long terme, la relation entre la mère et l’enfant.

L’étude a aussi montré que les enfants qui se réveillaient souvent la nuit pouvaient aggraver les symptômes de dépression de leur mère.

Mais heureusement, de nombreuses solutions existent pour contrer ce phénomène. Les médecins peuvent tenter d’alléger les symptômes de dépression chez la mère, réduire les inquiétudes inutiles concernant le sommeil des nourrissons (mort subite par exemple), encourager le soutien du conjoint ou encore informer sur les bienfaits d’une bonne nuit de sommeil pour le bébé et la maman.

“Mieux cerner les mécanismes maternels et les troubles du sommeil associés permettra de mettre en œuvre des interventions spécifiques” , concluent les auteurs.



© La Dernière Heure 2012
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