Faits divers

Lors de l'examen du permis B, les candidats devront faire demi-tour... en pleine rue. Motards et auto-écoles dénoncent

BRUXELLES Le ministre de la Mobilité, Renaat Landuyt (SP.A), a fait passer en force avant l'été sa réforme du permis de conduire automobile (DH de samedi dernier). Sans revenir sur tous les détails, un grand changement concerne l'examen pratique. Dès le 1er décembre, les manoeuvres, qui se déroulaient sur terrain privé, sont simplifiées et intégrées dans l'examen pratique sur la route. Lors du test dans la circulation, après les contrôles préalables (régler son siège, son rétroviseur, etc.), le candidat va devoir effectuer deux manoeuvres : se garer derrière un autre véhicule et faire demi-tour dans une rue étroite. Automobilistes, vous voici prévenus ! Dès le 1er septembre (pour l'entraînement) et dès le 1er décembre (pour les premiers examens), des centaines de jeunes conducteurs inexpérimentés vont faire des marches arrière et des demi-tours un peu partout !

À la police, selon nos sources, c'est peu dire que cette mesure des manoeuvres en rue est critiquée... Mais ce sont surtout les motards qui montent au créneau. "Nous sommes particulièrement mécontents", explique Roger Renoy, président du MotorCycle Council : "C'est trop dangereux ! Le demi-tour d'une voiture en pleine rue est la cause première des accidents avec des motos : une étude allemande le démontre clairement. Une autre enquête dans cinq grands pays européens montre qu'un motard se tue généralement dans une ligne droite, en percutant un autre usager qui a fait une erreur. Et la vitesse de l'impact est en moyenne assez faible (43 km/h) mais suffisante pour tuer. Instaurez cette manoeuvre en rue est donc une énorme erreur !"

Au sein des auto-écoles, qui espéraient encore faire changer la loi avant le coup de force du ministre, c'est la désolation. "Dès septembre, 500.000 jeunes inexpérimentés vont se mettre à faire des marches arrières et des demi-tours en pleine rue... Je croyais que la nouvelle loi devait améliorer la sécurité routière. Je n'y comprends plus rien...", commente ainsi, dépité, André Bastin, patron de l'auto-école Escam, à Schaerbeek.



© La Dernière Heure 2006