Faits divers

Elle a été condamnée pour homicide volontaire avec intention de donner la mort et préméditation


NAMUR Marie-Christine Draise, 54 ans, a été déclarée coupable de l'assassinat de son ex-mari Alain Servotte, en avril 2008, à Couvin. Les jurés de la cour d'assises de Namur ont répondu affirmativement à la question de l'homicide volontaire avec intention de donner la mort et à celle de la préméditation. A l'annonce du verdict, l'accusée est restée impassible, répétant juste à ses avocats "qu'elle ne l'avait pas tué". Le jury a fait part de son verdict vendredi, après presque six heures de délibération et de motivation de leur décision.

Le cadavre d'Alain Servotte avait été retrouvé le 18 avril 2008, à son domicile situé rue des Juifs, à Couvin. Il avait 57 ans. D'après l'autopsie, l'homme avait été lardé de 18 coups de couteau.

Interrogée le 18 avril 2008, Marie-Christine Draise (mariée avec Alain Servotte en 1975 et dont elle s'était séparée en 1987) avait nié toute implication dans le décès d'Alain Servotte. Le lendemain, elle avait avoué l'avoir tué, avant de revenir sur ses aveux, lors de la reconstitution, le 25 avril 2008.

Jeudi, avant que le jury ne se retire pour délibérer, elle avait encore clamé son innocence. Pour les jurés, ses aveux "sont un élément parmi d'autres sur lequel ils ont fondé leur décision".

Le premier jour de son procès, Marie-Christine Draise avait expliqué s'être dénoncée pour protéger son neveu (fils de son frère Marcel Draise) qui avait été soupçonné. Elle avait aussi expliqué avoir avoué sous la pression des enquêteurs. "J'étais harcelée. Alors j'ai répondu: 'Oui, c'est moi qui l'ai tué'".

Des preuves l'accablaient et notamment un médicament aux propriétés sédatives, du Lorazépam, retrouvé sur le lieu du crime, dans un verre utilisé par la victime quelques heures avant son décès, ainsi que dans le sac et au domicile de l'accusée. Ce qui laissait supposer qu'elle avait prémédité son acte. Les jurés ont, entre autres, retenu cet élément pour rendre leur décision.
Les deux fils de l'accusée, constitués parties civiles, étaient venus témoigner, décrivant une mère violente, alcoolique, indigne et "capable de tout, même de tuer, quand elle avait bu et qu'elle était énervée". Plusieurs témoins avaient indiqué que l'accusée avait parlé de se venger d'Alain Servotte, qui avait commis des faits de moeurs sur les deux nièces de Marie-Christine Draise. D'autres avaient déclaré le contraire ou "ne se souvenaient plus".
Lors de son réquisitoire, l'avocat général Serge Mottiaux avait évoqué un "faisceau de preuves qui corroboraient les aveux de l'accusée". Pour lui, comme pour l'avocat des parties civiles, Me Preumont, les jurés devaient répondre affirmativement à la question de la préméditation et donc de l'assassinat.
La défense avait quant à elle plaidé le manque d'éléments de preuve permettant d'établir la culpabilité de l'accusée au-delà de tout doute raisonnable. Pour Mes Neve et Berbuto, il y avait d'autres suspects potentiels et certains devoirs manquaient à l'enquête.
Dans une expertise mentale, les experts avaient conclu que l'accusée était capable du contrôle de ses actes, mais que son infantilisme et la faiblesse de ses capacités de discernement pouvaient toutefois atténuer sa responsabilité. Ces éléments pourraient constituer des circonstances atténuantes. L'accusée risque la perpétuité.
Marie-Christine Draise est en détention préventive depuis le 18 avril 2008.

© La Dernière Heure 2011