Marie-France Botte accusée de diffamation

Philippe Boudart Publié le - Mis à jour le

Faits divers L'ex-journaliste ertébéen est soulagé. Le jugement est prévu pour le 26 novembre

BRUXELLES L'acquittement d'un côté, une déclaration de culpabilité de l'autre, c'est la zone où navigue pour le moment Marie-France Botte, qui nie toutes les accusations.

Accusée de diffamation à l'encontre d'un ancien journaliste de la RTBF, elle s'est présentée hier devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. En clair, si l'on s'en réfère à la version de l'accusation et à celle de la partie civile, assurée par Me Bruno Dayez, l'affaire éclate en 1994.

A cette époque, Marie-France Botte entretient une relation avec un collègue de l'ancien journaliste, Pierre S. En septembre 1994, le couple se sépare... Le mois suivant, Pierre S. est remercié par la RTBF. Le journaliste est accusé, à tort, de faits de pédophilie. Deux jours après son licenciement, Claude Lelièvre, alors délégué général aux Droits de l'enfant, reçoit un dossier accusant le journaliste. Claude Lelièvre a toujours tenu l'anonymat de ce mystérieux informateur.

Selon Pierre S., l'auteur est précisément Marie-France Botte. Selon lui, Botte n'a jamais supporté la rupture avec son compagnon dont elle pensait qu'il s'était uni avec son collègue, Pierre S. Il faut en effet savoir que le journaliste n'a jamais caché son homosexualité.

Cependant, Pierre S. a souligné hier, à la sortie de la salle d'audience, qu'il n'a jamais entretenu une relation sentimentale avec son collègue. Bref, Pierre S. pense que c'est suite à cela que Marie-France Botte aurait lancé ces accusations dévastatrices relatives à des faits de pédophilie.

Hier, devant le tribunal, l'avocat du journaliste, Me Bruno Dayez, a notamment souligné que les différents témoignages, les dates et la chronologie des faits représentaient bien trop de coïncidences pour laisser la moindre place au doute.

A la sortie de l'audience, à l'inverse de Marie-France Botte qui s'est éclipsée aussi vite que le vent, Pierre S. a déclaré que «ce procès est déjà une victoire, neuf ans après les faits. Je déplore le fait du manque de remise en question de M me Botte. Aucune excuse, aucun regret. Jamais elle n'a dit Excusez-nous, on s'est trompé. Tout comme Claude Lelièvre. Et ça, ça va rester. Et dans ce sens, elle a gagné. Mais c'est un plaisir d'être ici. Cela relève presque du miracle.»

Le procureur a réclamé un verdict de culpabilité. Jugement le 26 novembre.

© La Dernière Heure 2003

Philippe Boudart