Faits divers Pour faux, usage de faux et abus de confiance (détournement)

BRUXELLES Le juge bruxellois Jean-Claude Van Espen a inculpé Marie-France Botte de faux et d'abus de confiance. Cette double inculpation sanctionne les activités que Marie-France Botte, à travers une asbl, mena dans les années 1990 en faveur des enfants maltraités et exploités sexuellement au Cambodge et en Thaïlande. Le parquet confirme. Selon nos infos, Marie-France Botte est inculpée 1) d'abus de confiance - ce qui s'appelle aussi: détournement de fonds - ainsi que 2) de faux et d'usage de faux.

L'instruction, qui durait depuis cinq ans, est à présent clôturée. Le juge Van Espen a communiqué le dossier au parquet de Bruxelles. Il y sera traité par la section financière. La substitute Mme Mahieu prépare la chambre du conseil. Celle-ci décidera - ou non - de renvoyer Marie-France Botte devant le tribunal correctionnel.

A ce stade, il importe de rappeler qu' inculpé ne signifie pas condamné. Marie-France Botte reste présumée innocente. D'autant, selon le parquet, que MFB conteste les faits reprochés... et que ceux-ci n'ont certainement pas l'ampleur annoncée à grands fracas en décembre 1996, quand certains médias parlaient de dizaines de millions détournés. Reste que techniquement, Marie-France Botte est inculpée!

Selon le parquet, les problèmes principaux se rapportent à la comptabilité - pas toujours très orthodoxe - et à certains types de dépenses (abusivement pris en charge par l'asbl). L'asbl Opérations récoltait en Belgique des fonds qui devaient servir à la cause des enfants maltraités dans le sud-est asiatique. Ses donateurs qui lui faisaient confiance avaient droit à ce que leur argent ne permette pas à Mme Botte et à son ami de passer un week-end de remise en forme dans les Ardennes ou à payer des honoraires d'avocats! Marie-France Botte réplique que les statuts de l'asbl le lui permettaient: on verra!

Août 1996. Débuts de l'affaire Dutroux. Marie-France Botte est au faîte de sa gloire. Elle est Femme de l'année. Le Roi Albert II la fait baronne. Elle assiste aux funérailles d'An et Eefje à Hasselt et y est très applaudie. Elle dénonce les filières pédophiles - pas toujours à bon escient. Elle passe pour la meilleure spécialiste de la prostitution enfantine. Tout s'écroule trois mois plus tard: une plainte est déposée au parquet de Bruxelles. Entre-temps, la jeune femme a vécu un enfer personnel dont elle se remettait avec beaucoup de courage.

© La Dernière Heure 2002