Faits divers L'affaire qui a secoué le président du PS, en 96, aurait été lancée par un ancien collègue toujours actif à la police fédérale

BRUXELLES L'affaire Di Rupo est-elle en passe de connaître un rebondissement alors que tout le monde pensait qu'elle serait bouclée sans avoir révélé tous ses secrets? Selon Georges Marnette, ancien boss de la section grand banditisme de la PJ de Bruxelles, aujourd'hui en pré-retraite, la personne à la base de toute l'affaire serait un de ses anciens collègues de la PJ, toujours actif au sein de la police fédérale.

Georges Marnette s'est confié à Nicolas Gillard, journaliste à la RTBF, qui, dans l'émission Questions à la une de ce mercredi, s'est demandé une dernière fois qui avait poussé Olivier Trusgnach, en novembre 1996, à accuser Elio Di Rupo d'entretenir des relations sexuelles avec des mineurs. Des faits qui n'ont jamais été avérés et dont le président du PS, vice-premier ministre à l'époque, avait été complètement blanchi. Georges Marnette lui-même, accusé un moment d'être l'instigateur de cette rumeur, avait été lavé de tout soupçon.

Hier soir, nous avons demandé à Elio Di Rupo ce qu'il comptait entreprendre après avoir entendu les révélations de Georges Marnette dans l'émission de ce mercredi. «S'il y a des éléments nouveaux et si Marnette considère que c'est quelqu'un de proche de lui qui est à la base de la fuite qui a provoqué ce véritable tsunami à l'époque, on va demander des devoirs complémentaires au juge d'instruction en charge du dossier...»

Cette requête devrait être déposée par les avocats de Di Rupo (Me Marc Uyttendaele) et de Georges Marnette (Me Daniel Spreutels) en chambre du conseil à Bruxelles, en avril prochain. «A l'époque, j'ai failli été complètement cassé par cette affaire qui aurait pu me coûter ma carrière politique et ma vie, ajoute Elio Di Rupo. C'est dire si j'aspire à savoir qui est à la base de cela. J'ai heureusement pu démontrer que j'avais été injustement accusé par un montage grossier. Néanmoins, pendant trois ans après, ma vie a été passée au peigne fin par les enquêteurs qui ont tout fouillé. J'étais la personne la plus surveillée du pays... Je m'en suis tiré car je n'avais rien à me reprocher. Nous avions déposé plainte, en 1997, pour que la justice nous permette d'y voir plus clair et nous comptons bien, si les déclarations de Marnette sont fondées, la réactiver...»

© La Dernière Heure 2006