Faits divers Le syndicat SNPS et son secrétaire national, Thierry Belin, attendent une réaction politique forte.

Un jet de pétard et de cocktail Molotov s’est produit mardi dernier aux abords du commissariat de police de la commune bruxelloise de Saint-Gilles.

Des sources policières citées par le quotidien Het Nieuwsblad indiquent qu’il s’agit d’une bande urbaine présente dans le quartier. Le parquet de Bruxelles indique pour sa part qu’il s’agit d’une piste parmi d’autres. Le secrétaire national du SNPS (Syndicat national du personnel de police et de sécurité), Thierry Belin estime qu’il s’agit bien d’une bande urbaine et qu’il est temps d’intervenir : "Ce ne sont pas des résidents d’un home qui ont fait ça. Les policiers le savent très bien. Il s’agit, en effet, plus que probablement d’un gang avec peut-être des mineurs".

C’est la brigade Uneus (Union pour un Environnement Urbain Sécurisé), appartenant à la zone de police Bruxelles-Midi (Forest, Anderlecht, Saint-Gilles) qui serait visée par une bande urbaine appelée Fioul Gang toujours selon les informations du Nieuwsblad. Ce groupe serait composé d’une cinquantaine de jeunes, dont certains connus pour faits de vol, trafic de drogue et émeutes.

La baisse de la criminalité dans le territoire sur lequel opère la brigade serait la raison de ces menaces et intimidations selon Thierry Belin : "Ces policiers ont réalisé un travail important dans ce coin de Bruxelles. La réduction de la criminalité est importante. Elle est en baisse d’environ quarante pour cent. C’est sûr que les agents gênent fortement les gens qui ne respectent pas la loi comme les trafiquants de stupéfiants par exemple".

La situation inquiète le syndicat SNPS. Il demande d’ailleurs une réaction appropriée pour mettre fin aux menaces envers les policiers. "On attend une réaction forte du pouvoir judiciaire et de la part des politiques. Comment est-ce possible que des agents soient menacés de cette façon? Où allons-nous si la situation continue dans ce sens? Nous savons que c’est un métier à risques, mais les agents s’engagent personnellement dans la police et pas avec leurs familles", tonne Thierry Belin.

Le climat général actuel ne rend pas des plus optimiste le secrétaire national du SNPS. Il estime qu’il est temps qu’une réflexion globale soit entamée à propos des moyens dont dispose la police. "Il faut faire respecter l’Etat de droit. Tout ce qui se passe actuellement crée une situation d’inquiétude auprès des habitants. Le risque avec ce qui s’est passé à Saint-Gilles est que cela entraîne d’autres actions du même type comme on l’a vu avec les émeutes. Il faut réagir et ne pas laisser des zones de non-droit dans notre pays. Il faut aussi que le discrédit à l’encontre de la police cesse".

Pour rappel, il manque en Belgique entre 4.000 et 5.000 policiers selon le syndicat national du personnel de police et de sécurité.