Faits divers Tous les messages et objets déposés à la Bourse et à Maelbeek sont conservés aux archives de la Ville de Bruxelles.

"Lorsqu’on a commencé à récolter les messages devant la Bourse, beaucoup de gens nous ont interpellés pour nous demander ce que nous faisions. Il fallait les rassurer et leur dire que nous n’allions rien jeter".

Deux jours à peine après les attentats, Frédéric Boquet, archiviste à la Ville de Bruxelles, et ses collègues se sont rendus devant les marches de la Bourse, devenue rapidement le lieu de commémoration dédié aux victimes. "On a d’abord commencé à prendre des photos des messages inscrits à la craie car de la pluie était annoncée dès le lendemain et tout risquait d’être effacé. Le 25 mars, nous avons ramassé les premiers messages pour éviter qu’ils ne se détériorent. Dans un deuxième temps, nous nous sommes rendus à la station de métro Maelbeek. Ces collectes ont continué de manière régulière jusqu’au ramassage définitif du site de la Bourse le 20 mai", raconte Frédéric Boquet.

Récolter tous ces messages n’a pas été une tâche facile pour les archivistes, qui ont tenté du prendre du recul. "De mon côté, je m’efforçais de ne pas lire les messages. Évidemment, quand c’était un dessin d’enfant ou un message très court, c’était difficile de passer à côté mais les textes plus longs, je ne les lisais pas. Néanmoins, ce qui m’a marqué, c’est qu’il y avait énormément de dessins d’enfants et que donc ils étaient conscients de ce qui se passait", se souvient l‘homme, également historien.

Toutes ces archives ont été récoltées dans un seul but : les numériser afin d’en conserver un souvenir éternel. Et ce n’est qu’en ce début d’année 2017 que le processus de numérisation a été lancé. "Il a fallu attendre que tout sèche. Ensuite, tout a dû être placé dans des boîtes. On a laissé cela de côté pendant un moment et on s’est à nouveau penché dessus vers septembre car la tâche était assez lourde et c’était important de prendre du recul pour bien réfléchir à la manière dont nous allions procéder par la suite."

Actuellement, près de 1.300 archives ont été numérisées sur l’ensemble évalué entre 5.000 et 7.000 pièces, dont certaines envoyées par l’aéroport de Zaventem ou encore par la Stib. La Ville de Bruxelles espère terminer cette numérisation pour la fin de l’année avec comme objectif de les rendre consultables au public. "Ces messages appartiennent aux citoyens et il faut pouvoir les leur rendre. Le but est de les préserver pour ne pas qu’ils disparaissent en le mettant sur internet. Les fichiers numérisés pourront donc être consultés par le public " , confie Frédéric. Outre les messages papier, les peluches et autres objets symboliques seront pris en photo afin de pouvoir, eux aussi, être publiés sur Internet.

Une partie de ces archives sera d’ailleurs utilisée dans le cadre de la commémoration du 22 mars à la Ville de Bruxelles.


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"L’idée de numériser est venue naturellement petit à petit. Une des missions des archives est de garder des traces des moments qui touchent Bruxelles. Ces messages ne sont pas du tout des messages de haine mais plutôt de paix et regardent vers l’avenir. Cela montre que Bruxelles est une ville tolérante et ouverte, et c’est important."