Faits divers

"Il y a eu pression sur la manière dont les policiers ont enquêté", a affirmé le conseil d'un des accusés


BRUXELLES Me Laurent Kennes, conseil de Noureddine Cheikhni (33 ans), est revenu, jeudi après-midi, devant la cour d'assises de Bruxelles, sur l'enquête de téléphonie et sur les écoutes téléphoniques. "Que le GSM de M. Cheikhni n'ait pas fonctionné pendant les faits ne prouve pas qu'il ait fait quoi que ce soit", a-t-il plaidé. Noureddine Cheikhni est accusé, avec Galip Kurum (32 ans) et Hassan Iasir (34 ans) d'avoir commis un home-jacking à Lot la nuit du 3 au 4 décembre 2007 et d'avoir tiré à la kalachnikov sur un combi de police qui patrouillait, tuant la jeune inspectrice, Kitty Van Nieuwenhuysen.

Les trois accusés devront également répondre du vol d'une Volvo qui a servi aux faits de Lot, le 15 novembre 2007 à Thuin, et d'un home-jacking commis à Roux le 7 novembre 2007. Ce dernier crime avait été avoué par Noureddine Cheikhni au début du procès.

Mercredi, Me Laurent Kennes, a pris le contre-pied des arguments de l'accusation concernant la téléphonie. Selon lui, le fait que les GSM des accusés n'ont alimenté aucune borne pendant les attaques ne prouve pas pour autant qu'ils étaient sur les lieux.

"C'est une argumentation par l'absurde", a commenté l'avocat. "C'est subjectif car on part du principe qu'ils sont coupables."

Quant aux écoutes téléphoniques des proches de Noureddine Cheikhni, Me Laurent Kennes s'est attardé sur une conversation qui avait eu lieu entre deux des frères de l'accusé le lendemain de l'arrestation de celui-ci.
Plusieurs bribes de la conversation mentionnaient qu'"une fille avait été tuée par son ami, un Turc" et qu'"il était là".

Le conseil de Noureddine Cheikhni a soutenu que la conversation, tenue en "rif", avait été mal traduite. Il a affirmé que les informations qu'avait reçues l'un des deux frères provenaient de son beau-frère policier et donc que cela n'induisait pas que Noureddine Cheikhni se serait confié à lui sur les faits.

Enfin, l'avocat a raconté que la compagne de l'époque de Noureddine Cheikhni n'avait aucune raison de mentir lorsqu'elle avait affirmé à nouveau, devant la cour, que l'accusé avait passé la nuit avec elle du 3 au 4 décembre 2007. "Ils ne sont plus ensemble et même, M. Cheikhni est maintenant marié. Dans quel intérêt aurait-elle fait un faux témoignage?", a questionné l'avocat.
Vendredi, à 10h00, Me Olivier Martins plaidera pour son client, Galip Kurum.

© La Dernière Heure 2011