“Michèle Martin filmait les viols de son mari”

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Pour Jean-Denis Lejeune, “Michèle Martin doit aller au bout de sa peine”

Choqué, Jean-Denis Lejeune, lorsqu’il a appris la possible libération de Michèle Martin. Pour le papa de Julie, “ce personnage n’a pas sa place sans la société” . Entretien.

M. Lejeune. Comment analysez-vous la décision du tribunal d’application des peines ?

“J’y vois un problème de justice parce que la libération conditionnelle de Michèle Martin est largement prématurée. Rappelons tout de même que c’est elle qui est responsable, en grande partie, de la mort de ma fille et d’autres enfants.”

C’est-à-dire…

“Lorsque, le 12 décembre 1995, son mari Marc Dutroux était en prison, elle a eu l’occasion et d’ouvrir la porte de la cache pour libérer les filles. Quand bien même elle ne voulait pas. Elle pouvait les nourrir et leur donner à boire. Elle est coupable et complice de la mort de ma fille. Elle est au moins autant coupable que Dutroux. Il ne faut pas que toute la responsabilité retombe sur Dutroux. D’autres sont responsables de la mort de ma fille.”

Elle a déjà purgé 15 ans. Insuffisant, donc…

“Ce genre de personnage doit aller au bout de sa peine. Si un jury populaire donne 30 ans de prison, c’est que les faits sont très graves. Cette décision signifie qu’elle va de nouveau se trouver dans la société. J’estime, au plus profond de mes convictions, qu’il est prématuré de donner une nouvelle chance à ce personnage. Qu’elle continue à réfléchir à l’ombre. Pour moi elle n’a pas sa place dans la société. Je suis désolé mais quand il y a mort de personnes, plus encore d’enfants, on ne doit pas faire de quartier.”

La décision du tribunal se base sur la législation belge.

“Six ans après le procès, elle est dehors. C’est très peu par rapport à la gravité des faits. Alors, le système est comme ça. J’en suis bien conscient. Mais n’est-il pas temps de reformer ce système judiciaire. Et, peut-être aussi, de remettre à l’agenda politique le débat sur l’incompressibilité des peines ? Il ne faut pas oublier que Michèle Martin filmait les viols de son mari. Quand Marc Dutroux violait les deux jeunes filles slovaques, elle était derrière la caméra…”



© La Dernière Heure 2011
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