Faits divers Un arrêté royal en préparation contre les abus de (certains) opérateurs qui poussent à rejouer.

Le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) ne peut pas être au four et au moulin. Mais en matière de jeux, il s’agit, nous confirme-t-on à bonnes sources, de trois anomalies auxquelles il entend mettre fin par un arrêté royal. Cet arrêté royal est en chantier.

Depuis des années, les joueurs fortement dépendants peuvent se faire interdire d’accès aux jeux en ligne, dans les casinos et les salles de jeux automatiques. Leur nombre a dépassé les 30.000.

Une première anomalie tient dans le fait que ces joueurs continuent de recevoir, en tout cas de certains opérateurs, de la publicité destinée à les inciter à rejouer.

L’arrêté royal interdira aux opérateurs d’envoyer toute forme de publicité en faveur du jeu aux joueurs pathologiques figurant dans la base de données du système Epis (Excluded persons information system) de la Commission des jeux de hasard.

La Commission appuie cet arrêté royal qui serait déjà sorti si les procédures n’étaient pas si lourdes : il s’agit d’une matière qui nécessite l’accord de six (six !) ministres (De Block, Peeters, Wilmès, Van Overtveldt, Jambon et Geens) !

Un ex-joueur en ligne nous explique : "J’ai demandé mon exclusion il y a deux ans. Eh bien, cela fait deux ans que je continue d’être sollicité par des opérateurs qui me poussent à rejouer. Imaginez qu’on présente du whisky ou une cigarette à un alcoolique ou un fumeur qui veulent arrêter".

Autre pratique dénoncée : certains opérateurs font des difficultés à restituer l’argent qui avait été déposé sur le compte des joueurs s’étant fait exclure. Le compte reste ouvert, des opérateurs refusent de restituer l’argent déposé. C’est anormal. L’arrêté royal réglera le problème, ici aussi avec le soutien de la Commission des jeux.

Troisième pratique anormale : le compte restant ouvert, des opérateurs n’hésitent pas à facturer des frais de gestion aux joueurs s’étant fait interdire.

Le joueur a demandé son exclusion et donc ce joueur ne joue plus : des opérateurs refusent non seulement de fermer son compte mais lui facturent des frais parce qu’il ne joue plus. C’est également condamné par la Commission des jeux de hasard.