Faits divers

Le frère des terroristes Brahim et Salah Abdeslam a déclaré, lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, que ses co-prévenus le chargeaient à tort pour le vol de la caisse communale de Molenbeek-Saint-Jean.

"Moi, monsieur Abdeslam, je suis la bête noire, je suis l'homme à abattre", a-t-il dit. Mohamed Abdeslam a maintenu ses déclarations selon lesquelles il a orchestré le projet de vol avec son ami d'enfance Youssef B., avec l'aide de Pierre-Raphaël C. Mais ces deux derniers nient toute implication. "Moi, monsieur Abdeslam, je suis la bête noire, je suis l'homme à abattre", a déclaré Mohamed Abdeslam. "Je dis que Pierre-Raphaël C. était au courant. Il nous a donné les renseignements et a accepté de participer à ce vol", a-t-il dit.

Quant à Youssef B., c'est lui qui a commis le vol, selon le principal prévenu. Et c'est ensuite lui-même qui est venu le chercher en voiture pour l'aider à fuir le lieu des faits. "Il est monté à l'arrière du véhicule avec les sacs [contenant l'argent]", a précisé Mohamed Abdeslam.

De son côté, Pierre-Raphaël C. a déclaré qu'il n'était en rien impliqué. "Ce jour-là, une de mes collègues m'a demandé de la remplacer pour effectuer le transfert de l'argent avec N.D. Je n'ai jamais fait part à monsieur Abdeslam du transfert. Il n'avait pas besoin de moi pour le savoir puisqu'il a travaillé à la recette communale", a dit ce prévenu.

A propos du déroulement des faits, il a affirmé: "j'ai senti une présence dans mon dos lorsqu'on est sorti de la voiture, devant la banque, puis j'ai entraperçu une arme, un couteau. L'homme le tenait dans sa main gauche".

Mohamed Abdeslam a contesté. "Il n'y avait pas de couteau. Tout était une mise en scène. Il était hors de question de mettre en danger qui que ce soit."

Enfin, Youssef B. a lui aussi déclaré qu'il n'était pas impliqué dans les faits. Mohamed Abdeslam était un ami, mais il l'a manipulé lorsqu'il s'est associé avec lui dans un bar à chicha à Herstal, a-t-il expliqué à la juge.

Concernant sa voiture, celle qui a semble-t-il servi à l'auteur des faits, il a déclaré qu'il s'agisait bien de la sienne, mais que Mohamed Abdeslam avait un double des clés.

© Gaëlle Poncelet
© Gaëlle Poncelet
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Rappel des faits

Le 23 janvier dernier, peu après 14h00, trois fonctionnaires molenbeekois avaient été attaqués alors qu'ils s'apprêtaient à déposer une somme de près de 70.000 euros à la banque, place de l'Yser à Bruxelles. Un individu armé d'un couteau avait exigé l'argent et pris la fuite avec son butin.

Un mois plus tard, quatre personnes avaient été interpellées, dont Mohamed Abdeslam, qui a travaillé pour l'administration molenbeekoise dans le passé et était au courant des transports réguliers d'argent.

En juin dernier, Mohamed Abdeslam avait admis avoir participé au projet de vol et ensuite servi de chauffeur. Il affirme avoir été informé par Pierre-Raphaël C., un fonctionnaire, qu'une importante somme d'argent devait être apportée à la banque le 23 janvier 2018, et l'avait fait savoir à Youssef B. C'est ce dernier qui a commis l'attaque, selon lui, alors que l'argent était transporté par Pierre-Raphaël C. et une ex-compagne de Mohamed Abdeslam, N.D., elle aussi employée communale à Molenbeek-Saint-Jean.

Mohamed Abdeslam affirme que ces deux derniers, Pierre-Raphaël C. et N.D., qui n'a pas été inculpée, étaient au courant des faits et avaient accepté d'y jouer un rôle.

Quant au butin, il est à ce jour introuvable. Mohamed Abdeslam a déclaré lundi qu'il ne savait pas où il se trouvait. Selon lui, c'est Youssef B. qui le possédait toujours avant leur arrestation.

Les débats se poursuivront le 19 septembre prochain à 14h00 avec les plaidoiries de la partie civile et le réquisitoire, ainsi que le 20 septembre prochain à 14h00 avec les plaidoiries de la défense.