Molesté pour un cliché

Guy Bernard Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Photographe pour la DH , J.C. Guillaume a pris des coups en plein travail. À la maison communale de Molenbeek

MOLENBEEK Un œil gauche arrangé ; un coup sur le menton, une mèche de cheveux arrachée : le moins que l’on puisse écrire, c’est que notre photographe, J.C. Guillaume, a été sérieusement secoué, hier, fin d’après-midi.

L’incident eut la maison communale de Molenbeek pour cadre, où notre as du cliché s’en était allé immortaliser une commission de concertation. (Chaud) sujet du jour : l’édification d’une mosquée, rue Potaerdegat. “Ça a dérapé à une vitesse…”, raconta, en soirée, notre confrère, après avoir dûment porté plainte contre X (coups et blessures volontaires).

Que s’est-il passé ? Au nom du droit à l’image, l’échevin de l’Urbanisme, le FDF Dominique Bastenier a stoppé nette la séance, histoire de savoir si, dans l’assemblée, il se trouvait quelqu’un qu’une image dérangerait. “Quelqu’un a dit oui, évidemment !”, narre la victime.

In fine, c’est sur le pas de la porte que J.C. Guillaume fera son travail. En ne flashant que des dos… Mais le temps de procéder à “quelques réglages”, il a pris trois gaillards sur le paletot. “J’ai encaissé un coup de poing et plusieurs coups de pied.” Sans doute d’un seul énergumène - “Il y avait trois personnes, semble-t-il. Mais ça va si vite…”

Son agresseur a été arrêté, si l’on ose dire, sur le coup. Puis déféré au parquet. Le mandataire communal avait, de fait, alerté la police… du commissariat d’à côté. Dès l’arrivée des forces de l’ordre, les choses n’ont pas traîné, les dires de trois témoins ayant concordé en tous points.

Contacté par nos soins, Dominique Bastenier a évidemment trouvé “très regrettable” et “intolérable” une agression qu’il craignait, raison pour laquelle il avait incité le freelance à ne mitrailler personne.

Dès ce matin, J.C. Guillaume passera chez le toubib. Sans que la violence dont il fit l’objet ne l’ait traumatisé : “Je ne suis pas sous le choc ! Si ce n’est que je suis choqué d’un tel déchaînement de violence pour une image. C’est surprenant ! S’il est bien un lieu où j’imaginais la chose impossible, c’est bien en une maison communale. Mais je ne suis refroidi en rien. Que du contraire !”



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