Faits divers

L'ancien maire de Toulouse mis en cause dans un dossierà caractère sexuel

TOULOUSE La mise en cause de l'ancien maire de Toulouse, Dominique Baudis, dépositaire de l'autorité morale en tant que président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), dans une sordide affaire de sexe et de meurtre, suscite embarras et émotion en France.

Dans une démarche sans précédent, Dominique Baudis, 55 ans, a révélé lui-même, dimanche dernier, dans un communiqué, puis à la télévision, le front perlé de sueur, qu'il avait été accusé par des ex-prostituées d'avoir participé à des soirées sado-masochistes.

Ces soirées avaient été organisées par un tueur en série, Patrice Alègre, avec viols de mineurs, actes de barbarie, drogue, meurtre d'un travesti...

M. Baudis a démenti ces «accusations hallucinantes» et dénonce «une effarante machination», suggérant un complot de l'industrie pornographique en raison de ses intiatives contre la pornographie à la télévision. Le lendemain, il annonçait qu'il intentait un procès en diffamation aux ex-prostituées pour que «la lumière soit faite et que l'on démasque ceux qui sont derrière cette entreprise ignoble».

Dominique Baudis, marié et père de trois enfants, nommé à la tête du CSA en janvier 2001 par le président Jacques Chirac, a lancé une croisade contre la pornographie à la télévision en juillet 2002 et demandé la suppression pure et simple des films X sur les chaînes françaises en invoquant une directive européenne qui bannit tout «programme susceptible de nuire gravement aux mineurs».

Cependant, les ex-prostituées maintiennent leurs accusations.L'une d'entre elles, témoignant de dos à la télévision, confirme avoir cité Dominique Baudis dans sa déposition aux policiers. «Le soir de mon anniversaire il m'a essayée», dit-elle. L'avocate d'une autre exclut que les témoignages des prostituées aient été inspirés par un tiers.

Patrice Alègre, condamné en 2002 à la perpétuité pour cinq meurtres et six viols commis entre 1989 et 1990, est mis en examen (inculpé) en 1997 pour 6 autres meurtres ou assassinats, dont celui d'un travesti, dans les années 90.

De témoignage en témoignage, il apparaît qu'il est non seulement un serial killer mais aussi l'homme clé d'un réseau de proxénètes et trafiquants de drogue, protégé par des policiers, des magistrats corrompus et des notables. C'est dans ce cadre que se seraient déroulées les soirées sado-masochistes, pour lesquelles Patrice Alègre fournissait les filles, parfois mineures, et la drogue.

Il y a un mois, la justice ouvrait une information contre Patrice Alègre «et tous autres» pour «proxénétisme en bande organisée, viols, actes de barbarie sur mineurs par personnes dépositaires d'une autorité».

© La Dernière Heure 2003