Moureaux : “Il faut placer les délinquants illégaux en centre fermé”

Interview > Mathieu Ladevèze Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Le trafic de drogue en plein boom à Molenbeek, à cause de l’arrivée incessante d’illégaux ayant fui les révolutions arabes

MOLENBEEK Mi-août, le bourgmestre d’Anvers Patrick Janssens (SP.A) réclamait le placement des dealers illégaux en centre fermé jusqu’à leur renvoi dans leur pays d’origine. Cette sortie faisait suite à une série de bagarres entre revendeurs de drogue dans le quartier du Seefhoek. Des incidents similaires ont également eu lieu à Molenbeek-Saint-Jean cet été. Des bandes de dealers en séjour illégal se tapaient dessus pour des questions de territoire. L’un d’entre eux avait failli en perdre la vie.

Au-delà, le bourgmestre de Molenbeek Philippe Moureaux s’inquiète de la recrudescence du trafic de drogue généré par des personnes sans titre de séjour. Il propose lui aussi de les placer en centre fermé. Et rapidement !

Cette hausse du trafic de drogue date depuis quand ?

“Depuis quelques semaines. Nous constatons l’arrivée d’illégaux, la plupart d’origine algérienne, sans doute passés par l’Espagne ou l’Italie. Il s’agit d’un des éléments inattendus du printemps arabe. Certains d’entre eux se lancent dans le trafic de drogue, comme à Anvers. Et le problème ne semble pas se résorber malgré les arrestations et incarcérations.”

Vous vous dites impuissants face au phénomène.

“Si ce sont de gros dealers, il n’y a pas de problème : ils vont en prison. Le procureur du Roi est d’ailleurs très réactif à ce sujet. Mais si le délit ne justifie pas une peine de prison, on est obligé de lui rendre sa liberté.”

Pourquoi ?

“Parce que l’Algérie refuse de récupérer ses ressortissants. On ne peut donc pas les mettre dans l’avion. Les remettre dans la rue, ça n’est par ailleurs plus possible. Nous sommes passés à un niveau de gravité tel qu’il faut absolument trouver une autre piste. Et rapidement. La situation va vite devenir invivable. Imaginez, des bagarres en rue entre les dealers pour le partage du territoire.”

Vous pointez également un improbable paradoxe.

“Oui. Prenons un exemple. Nous arrêtons deux illégaux pour le même délit, un Congolais et un Algérien : le Congolais peut être renvoyé dans son pays. L’Algérien est libéré car son pays refuse de l’accueillir… Certains n’hésitent d’ailleurs pas à détruire leurs papiers d’identité, puis déclarer qu’ils viennent d’Afghanistan ou de Syrie. Avec la garantie qu’ils ne seront pas expulsés. On ne sait bien évidemment pas vérifier leurs dires.”



© La Dernière Heure 2011
Interview > Mathieu Ladevèze

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