Faits divers Le meurtrier d’Alfred Gadenne, ancien bourgmestre de Mouscron, a reproduit les gestes réalisés le 11 septembre dernier.

Le quartier du cimetière de Luingne était bouclé dès 14 h, ce mercredi, pour la reconstitution du meurtre d’Alfred Gadenne (71 ans). Le bourgmestre de Mouscron avait été assassiné le 11 septembre.

La police mouscronnoise tient les curieux à bonne distance. Des barrières sur lesquelles des bâches noires ont été tendues sont disposées devant l’entrée du cimetière. Peu avant 16 h, des véhicules arrivent. Des personnes en descendent. Un mannequin est amené.

Nathan Duponcheel, 18 ans, le meurtrier d’Alfred Gadenne, est présent, tout comme le juge d’instruction et les enquêteurs. Il répond aux questions, reproduit les gestes…

Il y a tout d’abord la discussion entre lui et Alfred Gadenne, depuis l’entrée du cimetière. Nathan Duponcheel veut attirer le bourgmestre vers la tombe de son père qui s’est suicidé deux ans plus tôt. L’homme, Olivier Duponcheel, avait travaillé à la Ville de Mouscron avant d’être licencié.

Puis, le jeune homme demande à Alfred Gadenne s’il le reconnaît. Le maïeur répond par la négative. Alors, Nathan Duponcheel se présente et le maïeur lui aurait répondu : "Mon dieu, je ne t’ai pas reconnu, comme tu as grandi !"

C’est alors que Nathan Duponcheel attrape Alfred Gadenne par derrière et l’égorge avec un cutter avant d’appeler les secours et de tout avouer.

Le but de cette reconstitution, obligatoire quand le procès se tient devant les assises, est notamment de vérifier si les gestes évoqués par l’accusé sont conformes aux informations recueillies par le médecin légiste.

Jean-Philippe Mayence, avocat de la famille Gadenne, a assisté à la reconstitution. "Alfred Gadenne n’a eu aucune chance. Il a été égorgé par derrière… C’était terrible de se retrouver dans ce cimetière. Insoutenable…"

Le conseil de la famille Gadenne estime par ailleurs que Nathan Duponcheel a répété ses gestes et répondu aux questions "sans grande émotion".

Pour Jean-Philippe Rivière, avocat du jeune homme, "Nathan Duponcheel était obsédé par l’idée de bien faire, de répondre honnêtement aux questions et d’assumer ce qu’il a fait. Il s’est montré très technique tout en contenant ses émotions. Il n’était pas froid. Il a d’ailleurs craqué quand il est remonté dans le véhicule de police. Il a pleuré. Et il m’a dit : "J’ai l’impression de l’avoir tué une deuxième fois"."

Pour l’avocat de l’accusé, la reconstitution "n’a rien appris par rapport à ce que nous savions déjà. Nathan Duponcheel a toujours coopéré. Il avait déjà tout expliqué et il n’y a pas eu d’objection de la part des experts".

L’instruction du dossier est terminée. Le procès se tiendra cette année encore devant la cour d’assises du Hainaut.