Faits divers

Le suspect de l’attentat du Musée juif est transféré à Leuze-en-Hainaut après un bras de fer avec l’administration pénitentiaire.

Mehdi Nemmouche a été transféré hier depuis la prison de Bruges à celle de Leuze-en-Hainaut, après plusieurs mois de lutte entre le suspect de l’attentat du Musée juif, ses avocats et l’administration pénitentiaire.

Le 21 septembre dernier, les conseils de Mehdi Nemmouche, Mes Sébastien Courtoy, Virginie Taelman et Henri Laquay, avait dénoncé la détérioration de l’état de santé de leur client, menaçant à ce qu’il ne vienne pas à son procès si ses conditions de détention n’étaient pas modifiées. Sa vue et son ouïe étaient atteintes, selon eux. Et on lui interdisait les examens médicaux qu’il appelait de ses vœux.

Hier, le porte-parole de l’administration pénitentiaire, Laurent Sempot, ainsi que les avocats de Nemmouche ont confirmé à La DH que ce dernier avait subi une batterie de tests à l’hôpital Saint-Jean de Bruges. Il a ensuite été transféré à Leuze-en-Hainaut, une prison de haute sécurité où ses conditions de détention devraient être sensiblement les mêmes qu’auparavant. Sous régime strict, mais avec la possibilité pour lui d’écouter sa propre musique.

Quelques jours après la conférence de presse de ses avocats et leur plaidoirie en chambre du conseil, Mehdi Nemmouche avait mené une sorte de grève et demandé à être placé au cachot. Pour Laurent Sempot, il n’est "pas question de cachot mais de cellule de sécurité, faite pour les détenus pour qui une sécurité importante est nécessaire. Un cachot sert à punir et M. Nemmouche n’avait pas à l’être."

Après 26 jours dans cette cellule, il a fini par être transféré. Selon Mes Courtoy et Taelman, on lui aurait servi de la nourriture avariée et coupé son chauffage durant cinq jours. "Je ne vais pas réagir aux accusations des avocats dans la presse. M. Nemmouche a été transféré pour des raisons qui leur ont été expliquées et parce que la relation de travail sur place était extrêmement difficile, son comportement étant ce qu’il est", rétorque M. Sempot.

Les avocats de Mehdi Nemmouche voient une victoire dans cette décision. "C’est une bonne chose. Il y a des choses qui se passent derrière les murs de la prison de Bruges et des comportements qui posent problème. J’attends d’ailleurs toujours des investigations à ce sujet. Je salue ce transfert à Leuze-en-Hainaut, où l’on respecte mieux le droit des détenus et la dignité humaine", tance Me Taelman. Son confrère Sébastien Courtoy enfonce le clou : "Il est temps qu’un comité indépendant aille enquêter au sein de la prison de Bruges".

La présence de Mehdi Nemmouche à la prison de Bruges faisait par ailleurs obstacle à un retour de Salah Abdeslam en Belgique, pour son procès prévu du 18 au 21 décembre. Les autorités ne souhaitaient pas qu’ils puissent être en contact. Le départ de Nemmouche leur offre la possibilité de l’accueillir à Bruges.