Faits divers Assises de Bruxelles: Abdelaziz Benayad est accusé d'avoir abattu le petit ami de la jeune femme qu'il convoitait

BRUXELLES C'est aujourd'hui que la cour d'assises de Bruxelles va entamer le procès d'Abdelaziz Benayad.

Benayad est accusé d'avoir tué Abdelkader Rachidi le 21 avril 2002, en début d'après-midi. Les faits se sont déroulés à l'angle de la place Pogge et de la rue Henri Bergé, à Schaerbeek.

Selon un témoin, Rachidi se trouvait dans sa voiture lorsque l'accusé est arrivé dans sa Mercedes. Ce dernier a fait signe à la victime de venir vers lui, ce que Rachidi a fait. Le témoin a souligné aux enquêteurs que le meurtrier a directement tiré sur Abdelkader Rachidi. Ensuite, Benayad est sorti du véhicule et a donné des coups de pied à la victime qui gisait sur le sol.

En tout, neuf coups de feu ont retenti dans le quartier et cinq balles ont percuté le corps d'Abdelkader. La mort était inévitable.

Plusieurs témoins ont relevé le numéro d'immatriculation de la Mercedes. Les policiers identifient Benayad et une observation est organisée près de son domicile. Trois jours plus tard, l'accusé est interpellé. Il reconnaît les faits, mais précise qu'il a des explications à fournir.

Lors des multiples auditions, Benayad va expliquer qu'il était à Paris où il a logé dans un hôtel sous un faux nom et qu'il a rencontré une certaine Anne. Il précise aussi qu'il a jeté son arme dans un buisson près du terrain de football de Schaerbeek. Les policiers retrouveront effectivement l'arme du crime à cet endroit.

Une enquête de voisinage permet aux enquêteurs d'apprendre que la victime avait une liaison amoureuse avec une jeune femme et que Benayad était tout aussi rival que follement jaloux.

Face aux enquêteurs, la jeune femme a tenu la déclaration suivante: «J'ai rencontré Benayad il y a 10 ans. Depuis, il me barrait la route dans la rue. Il m'obligeait à monter dans sa voiture. Il a aussi dit que s'il me voyait avec un petit ami, il nous tuerait tous les deux. Je devais lui appartenir et il voulait que je sois sa petite amie...»

Un peu plus d'un an avant le drame, une première dispute avait éclaté entre Benayad et la victime. Rachidi avait pris le dessus. L'accusé serait parti en clamant: «J'aurai ta peau.» Abdelaziz Benayad sera défendu par les avocats Didier De Quévy et Daniel Spreutels. Les parties civiles seront représentées par Me Laurent Kennes.

© La Dernière Heure 2004