Faits divers

La police belge a testé ses radars. Le résultat est incroyable

Ce rapport dresse le bilan de tests menés par la police belge sur les performances de nuit de ses radars. Ce rapport de 59 pages est daté du 6 juillet 2010. Il n’a jamais été publié et n’était certainement pas destiné à l’être. Et pour cause : ces tests pratiqués avec les modèles des marques Multanova et Gatso qui sont les plus utilisées en Belgique ont tout simplement révélé que les radars ne fonctionnent pas dans le noir.

Dans tous les cas de figure qui furent étudiés, qu’il s’agisse d’un radar automatique ou d’un appareil à proximité duquel se trouve un opérateur, les plaques du véhicule flashé sont à chaque fois illisibles. La nuit, les radars de la police ne sont performants que s’ils sont placés près d’un éclairage public… et donc visibles de l’automobiliste, perdant dès lors une part de l’effet de surprise recherché. Seule exception importante : selon les tests, les radars placés au-dessus d’un pont sont toujours efficaces. Ce rapport était secret. Le voici.

Les tests ont été pratiqués entre le 10 et le 21 janvier 2010. La police avait obtenu le feu vert du parquet (nombreux excès de vitesses furent en effet commis… jusqu’à 224 km/h).

La police a utilisé ses véhicules qui furent tous immatriculés pour l’occasion : 1-ABC-123. À noter encore que les résultats sont mauvais bien que les tests aient été pratiqués par temps sec et bonne visibilité, sans pluie ni brouillard : qu’eussent-ils été autrement ?

Selon les tests, les radars obtiennent pour résultats des plaques illisibles et inexploitables dans toutes les situations suivantes :

Classique : sur le bas-côté de la route dépourvue d’un éclairage public : même avec présence d’un opérateur, le résultat a toujours été… “plaque illisible” si le véhicule roule à plus de 200 et même moins de 200 km/h, et même s’il est fait usage du zoom.

Dangereux en ville : feu rouge brûlé à vitesse élevée : tous les tests pratiqués ont montré que sauf présence d’un éclairage public, la plaque du véhicule photographié était illisible, même avec zoom ! L’immatriculation n’est lisible sur aucun des tests effectués au moyen d’un radar Gatso RLC qui avait été fixé sur un feu de signalisation.

L’autre cas de tous les dangers en ville : l’automobiliste brûle le feu rouge et bifurque à gauche en coupant la route au véhicule venant de face : tous les tests ont eu pour résultat que la plaque du véhicule en infraction grave était illisible. La plaque n’est devenue lisible que si un opérateur était présent et faisait usage du zoom.

C’est pourtant un cas pour lequel le radar devrait être performant comme arme de dissuasion dans la lutte contre la délinquance routière : sans éclairage public, tous les tests effectués depuis le bas-côté de la route sur des véhicules se déplaçant à 205, 211, 218 et 224 km/h ont eu pour résultat que la plaque du véhicule était illisible.

Des tests ont alors été pratiqués sur des véhicules roulant à “seulement” 162 km/h : avec le Multanova 9F, et même avec l’éclairage public, la plaque du véhicule pourtant moyennement rapide était illisible si le radar était placé sur le bas-côté de la route, à moins d’utiliser le zoom.

À vitesse élevée ou moyenne (moins de 200), avec des radars Multanova ou des Gatso, les seuls bons résultats depuis le bas-côté ont été obtenus quand un opérateur était présent et qu’il pouvait compter sur l’éclairage public.

Ce rapport révèle que la nuit, les radars de la police belge sont très vite très limités : ils ne fonctionnent pas dans le noir.



© La Dernière Heure 2011