Faits divers

Des manifestants vont porter plainte devant le Comité P.  Ils auraient été frappés et gazés en cellule

IXELLES/ETTERBEEK Deux cent soixante-deux personnes arrêtées : tel est le dernier bilan des échauffourées de mardi entre forces de l’ordre et sympathisants du candidat Tshisekedi aux élections présidentielles en RDC dans le quartier Matonge, à Ixelles.

Heureusement, hier, la journée a été plutôt calme. Une trentaine de pro-Tshisekedi ont tout de même effectué un sit-in pacifique sur le square du Bastion, non loin de la Porte de Namur. Il n’était pas autorisé mais a été toléré. Et s’est déroulé sans incidents.

C’est plutôt la nuit de mardi à mercredi qui aurait été agitée, selon divers témoignages. En effet, une centaine de manifestants, arrêtés administrativement et placés en cellule au complexe Géruzet, à Etterbeek, auraient été victime de gazages systématiques, entre 3 h et 5 h du mat, voire de passages à tabac.

Un témoin raconte : “Nous étions de 10 à 20 personnes par cellule. Il n’y avait pas d’agressivité mais nous faisions du bruit, notamment en scandant des chants anti-Kabila. Vers 23 h, un policier qui se croyait plus malin que les autres nous a dit : “De toute façon ça ne sert à rien, Kabila a gagné.” Cela a fait monter la tension et on a fait plus de bruit”, explique Joseph Mbeka.

Il poursuit : “Vers 2 h, 3 h du matin, un escadron d’intervention équipé de casques et de matraques est arrivé. Ils sont rentrés dans la cellule à gauche de la nôtre et on a entendu des cris et des bruits sourds. Ensuite, ils sont venus chez nous. Ils ont gazé et donné des coups de poing et de matraques en ciblant les fauteurs de troubles. Un ami a interpellé les policiers : Pourquoi vous les tapez comme ça? Vous n’avez pas le droit. Ils lui sont tombés dessus à une dizaine.”

“C’est une bavure! Il faut que les responsables soient traduits en justice” , conclut Joseph Mbeka, selon lequel les policiers ont effectué un gazage continu jusqu’à 5 h du matin , heure à laquelle ils ont été relâchés. Au moins sept personnes ont, selon le même homme, décidé d’aller porter plainte aujourd’hui devant le Comité P.

À la zone de police Bruxelles-Ixelles, on dit ne pas être au courant de ces événements. Mais que, si une plainte est déposée, enquête sera faite par le service de contrôle interne.

Du côté du cabinet du bourgmestre d’Ixelles, on fait savoir que si les faits sont avérés, ils sont extrêmement graves et que le bourgmestre encourage les plaignants à déposer plainte. Et à le contacter.



© La Dernière Heure 2011