Faits divers

Pour Paul R. à l'origine de l'affaire, "il doit encore en exister d'autres"

BRUXELLES Comme secrétaire national - il insiste sur le côté national - d'une ASBL réunissant des anciens des services de renseignements et d'action, Paul R. reste discret sur la façon dont il est arrivé, de fil en aiguille, à démasquer le condamné à mort : "Si vous avez lu Millenium, c'est exactement comme cela."

C'est parti tout à fait par hasard du décès le 17 janvier 2002 d'une personne dont il s'est chargé de la succession, ce qui l'a amené à s'occuper d'autres successions puisqu'il s'était bien occupé des précédentes.

Dans l'une d'elles, Paul R. a découvert le nom d'emprunt, Juan Pablo Simons, d'un certain Paul Van Aerschodt dont il avait entendu la sinistre réputation sous l'Occupation dans la région du Centre, mais que tout le monde croyait mort depuis... 50 ans.

À Bruxelles, le parquet fédéral fut informé par un membre de l'ASBL "qui avait des contacts".

Le parquet fédéral a tout de suite accepté de se charger du dossier, mais "des manques de personnel" ont fait que "par deux fois, on a raté Van Aerschodt" .

Secrétaire national de cette ASBL, Paul R. insiste sur le fait que les anciens ont agi "non par esprit de vengeance" , mais "par devoir de mémoire" . La traque débutée le 17 janvier 2002 s'est achevée le mercredi 29 octobre 2008.

Paul R. regrette que, pour des raisons liées à la légendaire discrétion, le travail des agents du renseignement et d'action est relativement mal connue. Elle a pourtant impliqué 18.568 civils dont 5.111 ont reçu par la suite des grades militaires, dont de nombreuses femmes. Celles-ci furent nos premières femmes militaires... bien avant la 1re femme officier, en 1978.



© La Dernière Heure 2009