Faits divers

Les voisins de la petite se demandent pourquoi la maman l’avait enlevée à son papa

AULNOYE-AIMERIES Devant la maison où vivait Typhaine, dans la rue de l’Hôtel-de-Ville, à Aulnoye-Aimeries (Nord), de nombreuses personnes ont tenu à faire un geste en la mémoire de la petite dont le corps a probablement été retrouvé mercredi dans un bois de Marcinelle où son beau-père l’avait abandonné.

Beaucoup sont, en effet, venus déposer une fleur. Certains riverains ont même placé une photo de l’enfant à côté de la crèche de Noël à la fenêtre de leur habitation.

En se baladant dans la rue du drame, on ne peut qu’avoir une pensée pour l’atrocité qui s’est produite au n° 59…

Lorsque, le 18 juin dernier, la petite était déclarée disparue, de nombreuses affiches avaient été apposées dans le quartier afin de la retrouver. “On n’aurait jamais cru que de tels faits avaient été commis, même si certaines choses nous semblaient bizarres. La maman n’avait pas l’air spécialement triste. C’est d’ailleurs le papa et le beau-père qui distribuaient les affiches à rechercher”, raconte Odile, une habitante.

Et de poursuivre : “Il faut savoir qu’en janvier 2009, la maman l’avait, en quelque sorte, enlevée à son papa. Elle était allée la chercher à l’école alors qu’elle vivait chez lui. L’institutrice n’avait pas voulu lui donner Typhaine, mais la mère avait affirmé que le papa ne pouvait pas venir. Elle avait fait semblant de lui téléphoner. Elle téléphonait, en fait, au beau-père, Nicolas, qui s’est fait passer pour le papa. Autrement, je ne les connaissais pas plus que cela. Avant, elle habitait un peu plus loin dans la rue. Ils n’étaient arrivés à cette adresse que durant les vacances de Pâques.”

Cathy, elle, parlait un peu avec la maman de Typhaine. Son fils était même aller jouer avec Caroline, l’aînée de 5 ans. “Même lui n’avait jamais vu Typhaine. Elle n’en parlait jamais. Elle racontait les histoires de Caroline et d’Appolline qui a, environ, un an et demi et qui est l’enfant qu’elle a eue avec Nicolas. Certains voisins l’apercevaient à la fenêtre de sa chambre de temps en temps. C’est incroyable ce qu’ils ont fait. Si elle avait un problème, elle aurait dû en parler plutôt que d’agir de la sorte. Je n’aurais jamais pensé cela.”

Pour Véronique, les choses étaient claires depuis le début. La voisine s’est vite rendu compte que les déclarations de la maman et du beau-père étaient contradictoires. “Déjà lorsqu’ils ont dit qu’elle avait été enlevée pendant les Folies à Maubeuge, je n’y ai pas cru parce qu’ils ne sortaient pas avec Typhaine, même pas pour faire leurs courses. Si je l’ai vue trois fois, c’est beaucoup. Depuis le début, parce que j’ose dire tout cela, je suis la méchante. J’attends, en tout cas, avec impatience les résultats de l’autopsie.”

Selon les premiers éléments de l’enquête, Typhaine serait morte suite à une punition qui aurait mal tourné.



© La Dernière Heure 2009