Faits divers

La police a mené des opérations de grande ampleur dans plusieurs villes belges, dont certaines communes bruxelloises, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme islamiste

Seules cinq des treize personnes interpellées jeudi en Belgique lors de l'opération anti-terroriste de la police fédérale ont été présentées à la juge d'instruction Isabelle Panou. Celui-ci a placé trois suspects sous mandat d'arrêt et a relâché les deux autres sous conditions, indique le parquet fédéral. Les cinq individus sont inculpés de participation aux activités d'une organisation terroriste. Le parquet fédéral ne prévoit pas de conférence de presse ou de communication dans les prochains jours. Les treize personnes ont été interpellés jeudi soir lors de perquisitions menées à Verviers, Molenbeek-Saint-Jean, Bruxelles et Berchem-Sainte-Agathe. D'autres perquisitions avaient également lieu à Anderlecht et Liedekerke. A Verviers, deux auteurs ont ouvert le feu sur les forces spéciales de la police fédérale. Les deux terroristes présumés ont perdu la vie lors de l'assaut.

Un troisième homme se trouvait dans le bâtiment, Marouane E. Celui-ci n'a pas participé à la fusillade et aurait sauté par la fenêtre selon son avocat. L'individu a été entendu vendredi matin par la juge d'instruction Panou et placé sous mandat d'arrêt. Il est inculpé de participation aux activités d'une organisation terroriste, possession illégale d'armes à feu, possession d'explosifs avec l'objectif de perpétrer un attentat et de rébellion armée contre les forces de l'ordre avec usage de la menace.

Quatre autres personnes interpellées ont également été amenées devant la juge d'instruction et ont été inculpées de participation aux activités d'un groupe terroriste. Deux des quatre individus ont été libérés sous conditions tandis que les deux autres ont fait l'objet d'un mandat d'arrêt. Ceux-ci doivent, de la même manière que Marouane E., comparaître devant la chambre du conseil endéans les cinq jours.

Les huit autres personnes interpellées jeudi soir ont été entendues par les services de police mais n'ont pas été amenées devant la juge d'instruction et ne sont dès lors pas inculpées.

Selon le parquet fédéral, les suspects forment une cellule terroriste qui était sur le point de perpétrer une attaque contre des agents de police et des commissariats. Leur objectif aurait été d'assassiner des policiers, que ce soit sur la voie publique ou dans les commissariats.

Marouane E. nie toute implications dans ces plans ou dans une organisation terroriste. Quatre armes de guerre, quatre armes de poing, des munitions, des explosifs, des uniformes de police, ainsi que des documents compromettants ont néanmoins été retrouvés dans le bâtiment de Verviers où il a été arrêté, d'après le parquet. Parmi ceux-ci, il y aurait notamment des éléments en lien avec les lettres de menace que quatre libraires de la commune de Jette ont reçues après l'attentat à Charlie Hebdo. L'hebdomadaire, touché de plein fouet par une attaque terroriste la semaine passée à Paris, a mis le prophète Mahomet en couverture de son nouveau numéro.


Les communications officielles au sujet de la perquisition

Le parquet fédéral a tenu une conférence de presse ce vendredi à 11h15. Voici les derniers éléments communiqués :

- 12 perquisitions ont été menées : 2 à Verviers, 6 à Molenbeek, 1 à Anderlecht, 1 à Bruxelles, 1 à Berchem,1 à Liedekerke.

- 13 personnes ont été privées de liberté : 1 à Ververs, 9 à Molenbeek, 2 à Bruxelles et 1 à Berchem.

- Éléments trouvés à Verviers : Armes de guerre dont des kalachnikovs, armes de poing, munitions, gsm, habits de policiers, talkie-walkie, documents falsifiés, une importante somme d'argent.

- Éléments trouvés à Molenbeek : gsm, armes, munitions.

- Cette opération avait pour but le démantèlement d'une cellule terroriste mais aussi d'une cellule logistique.

- Dans le cadre de ce dossier, deux Belges ont également été arrêtés en France où ils tentaient de fuir vers l'Italie. La Belgique va demander leur extradition.