Faits divers Les méthodes particulières de recherches n’ont pas été validées durant l’enquête.

Il suffit parfois d’un grain de sable pour gripper une machine, surtout lorsqu’elle est judiciaire. Au grand dam du siège qui présidait la sixième chambre correctionnelle de Charleroi, ce fut le cas, ce lundi, lors du procès des Hell’s Angels.

Quinze prévenus sont en effet soupçonnés d’avoir fait partie de cette bande de motards polycriminelle à cheval entre Huy et la métropole sambrienne. Ce qu’on leur reproche ? À vrai dire, un peu tout : détention d’armes, exploitation de la prostitution, fausses cartes vertes, fraude informatique, extorsions et trafic de stupéfiants.

Voici quinze jours, le parquet a requis un total de 36 ans de prison à l’encontre de ces bikers patibulaires alors que ces derniers nient la grande majorité des faits.

Deux audiences étaient encore fixées pour entendre les avocats de la défense mais, dès avant la première plaidoirie, Me Sonia Martinès, conseil d’un des prévenus, a soulevé un problème de procédure, passé inaperçu jusqu’alors. En effet, lors de l’instruction menée par un juge de Huy, les méthodes particulières de recherches (écoutes téléphoniques) n’ont pas été validées par la chambre des mises en accusation, ce qui est une obligation légale.

Depuis lors, le volet hutois a été transféré à Charleroi qui a bouclé l’instruction et traduit les prévenus devant le tribunal correctionnel.

Au grand désespoir du président Renaud Moulart, l’affaire a donc dû être remise "sine die" afin que ces méthodes de recherches puissent refaire un tour de carrousel en chambre des mises en accusation. Beaucoup de temps perdu pour un petit oubli…