Faits divers

Ceux qui ont trouvé les restes humains ajoutent des détails qui rendent encore plus troublante l'affaire des mangas

BRUXELLES La zone du sexe était dépourvue de pilosité. Rasée ? Plutôt épilée ? Ceux-là mêmes qui ont effectué la macabre découverte vendredi passé dans le parc forestois sont incapables de le préciser, mais il est certain que le pubis, sur le tronc inférieur, était glabre.

Ce détail anatomique, un de plus, rend encore plus particulière l'affaire des morceaux dépecés du parc Duden, sur lesquels la police judiciaire fédérale enquête depuis quatre jours avec la police Midi.

Le Bruxellois qui a trouvé les trois morceaux s'est confié à La Dernière Heure-Les Sports. Nous publions son témoignage. B. confirme que les feuilles de papier sur lesquelles étaient inscrits les fameux messages inspirés d'un manga japonais se trouvaient près des cuisses.

Ensuite, si le parc Duden est un lieu où il est facile de dissimuler des restes macabres, ceux-ci étaient disposés entre deux bancs; difficile de passer à leur hauteur sans remarquer leur présence. Non seulement la pilosité pubienne manquait, mais les cuisses étaient également dépourvues de poils : pour prendre une image, des "cuisses de coureur cycliste".

Quant aux feuilles de papier, elles portaient l'une et l'autre le même message japonais en lettres capitales, Watashi Wa Kira dess, écrit sur des feuilles quadrillées de format A4, provenant sans doute d'un bloc de 100. Les couleurs utilisées étaient différentes, rouge et jaune. Un graphologue est certainement déjà en train de comparer les écritures.

B., 64 ans, descendait le parc Duden en empruntant ce sentier "pour la première fois".

"Les morceaux , dit-il, se trouvaient entre les deux bancs. J'ai eu un doute et c'est la raison pour laquelle j'ai fait appel à un passant, A., qui habite de l'autre côté du parc. Un troisième, Youssef, est arrivé."

Quand nous l'interrogeons, B. certifie qu'il n'a croisé personne d'autre sur le sentier. Les restes, en tout cas, ne devaient pas se trouver là depuis très longtemps.

"Les feuilles de papier se trouvaient à quelques centimètres des cuisses. Je sortais faire une course chez le poissonnier. À un moment, à force d'observer ce que je voyais, je dois dire que je me suis senti mal; j'ai vomi. Le demi-tronc était coupé jusqu'à la colonne vertébrale. Les cuisses étaient coupées sans les genoux. Au départ, je n'ai touché à rien. Le demi-tronc était sur la partie sexuelle : on voyait les fesses. Je n'ai remarqué personne dans le parc [...] En rentrant, j'ai jeté mon poisson. Et je n'ai pas dormi de la nuit."

Pour avoir lu les six premiers épisodes (parus chez Dargaud, le dernier la semaine passée) du manga Death Note (en fait, l'histoire d'un jeune justicier, NdlR), celle-ci, bien que violente, ne représente nulle part de corps dépecé.



© La Dernière Heure 2007