Faits divers La capture d’écran qui scandalise les taximen fait le buzz dans les réseaux sociaux.

Stupéfaction dans les milieux bruxellois du taxi après que, d’une part, un client a commandé une voiture en précisant ne pas souhaiter un chauffeur africain, et, d’autre part, que cette précision, au lieu d’être écartée, a été répercutée sur son réseau par la centrale des Taxis Verts, comme si l’entreprise acceptait l’exigence raciste du client.

Depuis hier, la capture d’écran de la commande mentionnant l’identité du client, son numéro de téléphone et la précision : "pas chauffeur africain", circule dans les réseaux sociaux, suscitant partout des réactions d’indignation et des appels à porter plainte auprès d’Unia (ex-Centre pour l’égalité des chances) et du parquet de Bruxelles.

Contactée, une responsable des Taxis Verts veut minimiser. Celle-ci parle d’une "affaire qui n’en vaut pas la peine" et l’attribue à une étudiante qui "est là depuis quelques jours" et "ne s’est pas rendue compte".

Insistant sur l’origine multiculturelle de son personnel, les Taxis Verts précisent leur politique face à de telles demandes : "C’est très clair. C’est interdit. On ne veut pas, on ne peut pas. Nous ne les acceptons pas. Nous les refusons catégoriquement."

Et qui est ce client ? Un certain Jacques U., 63 ans, d’Auderghem.

Nous lui avons parlé.

D’emblée, l’homme a précisé que lorsqu’il a appris l’ampleur de l’émoi qu’il provoquait chez les taximen, il a recontacté la centrale et voulu présenter ses excuses. Jacques U. évoque un malentendu dans lequel il ne faudrait pas selon lui voir du racisme.

Malentendu ? Il commande régulièrement un taxi pour la même course au départ d’Auderghem qui, à 10 ou 20 cents près, lui coûte systématiquement 14,50 euros. Le trajet est à cheval sur deux zones de tarifs.

Or lundi matin, le chauffeur, d’origine africaine, a, selon lui, déclenché son taximètre trop vite et est passé trop tôt du tarif 1 au tarif 2. Du coup, la course lui a été facturée à 17,50 euros, au lieu de 14,50 euros.

La discussion ne s’est pas envenimée, dit-il. Le chauffeur a proposé de lui rembourser les 3 euros de différence, ce qu’il a refusé. Mais le chauffeur a maintenu qu’il ne s’était pas trompé; et tout vient de là : pour Jacques, ce taximan ne connaît pas Bruxelles.

Et c’est ainsi que le lendemain, il a émis cette exigence de ne pas ou plus avoir affaire à un chauffeur africain.

Le client n’y voit pas de racisme. Un avocat spécialisé émet des gros doutes. Il y voit un amalgame raciste en ce qu’il généralise l’incident à l’ensemble des chauffeurs en raison de leur origine. Et l’avocat s’étonne de la diffusion, sur le réseau des Taxis Verts, d’une commande choquante on ne peut plus explicite : "Pas chauffeur africain".