Faits divers Un mode opératoire avec peu de moyens, de plus en plus utilisé par les terroristes.

Pas de Kalachnikov, pas de bombes ni d’autres moyens onéreux. Les terroristes qui ont fait basculer l’Espagne dans l’horreur ont commis des attentats dits low-cost. Des actes dont "le rapport coût/efficacité est imbattable", comme l’exprime l’ancien chef du GIGN français, Frederic Gallois.

Un terrorisme low-cost qui semble désormais prilivégié par les partisans de l’État islamique.

On est loin des moyens utilisés par les commandos du 13 novembre 2015 à Paris. Sans doute parce que ce mode opératoire de plus en plus répandu qu’est celui de l’attaque à la voiture bélier ne nécessite aucune formation, aucune préparation et réduit ainsi les risques d’être repéré par la police.

Soulignons toutefois que dans le cas des attentats survenus à Barcelone et Cambrils, la police catalane a précisé que les auteurs se préparaient depuis plusieurs semaines déjà. Ils ont agi façon low-cost dans la précipitation. Car en réalité, tout laisse croire qu’ils avaient prévu de charger leurs véhicules de bonbonnes de gaz, celles-là mêmes qui ont explosé dans une maison d’Al Canar quelques heures avant l’attentat perpétré sur Las Ramblas.

Des bonbonnes de gaz, cela reste quand même de petits moyens pour de gros dégâts. Une technique utilisée d’ailleurs par les CCC dans les années 80, comme nous le rappelle le commissaire de l’unité antiterroriste belge de la police fédérale, Alain Grignard.

Islamologue également, l’expert divise les terroristes qui ont frappé l’Europe ces deux dernières années en trois catégories : "Il y a ceux qui sont téléguidés depuis l’étranger, comme les auteurs de Paris et Bruxelles. Il y a les individuels qui ne sont pas fous mais souffrent d’un mal de vivre et profitent de cette atmosphère qui leur est stimulante, comme l’auteur de la gare Centrale ou celui qui s’en est pris dernièrement à des militaires à Paris. Et enfin, il y a les groupes locaux informels, qui s’organisent comme à Londres ou en Espagne, cette fois-ci."

Et le commissaire Alain Grignard de conclure sur un message plus important à ses yeux : "Tout le monde se focalise sur les liens entre Marocains et terroristes en ce moment mais cela doit vraiment cesser. C’est ce que cherche l’État islamique et on ne peut pas les laisser gagner !"