Pas de prison ferme pour Dodo la Saumure

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Faits divers

Dominique Alderweireld, dit "Dodo la Saumure", est condamné à cinq ans de prison avec sursis pour proxénétisme aggravé


BRUXELLES Le tribunal correctionnel de Tournai a condamné, jeudi, Dominique Alderweireld, âgé de 62 ans et connu sous le pseudonyme de "Dodo la Saumure", à une peine de cinq ans de prison avec sursis de 5 ans pour ce qui excède la détention préventive subie, et à une amende de 5.000 euros, ou deux mois de prison.

Poursuivi avec sept autres prévenus pour proxénétisme, traite des êtres humains, vente de cocaïne, faux et usage de faux, blanchiment et d'infraction au droit pénal social, dans le cadre d'une association de malfaiteurs entre 2000 et 2009, le proxénète le plus célèbre de France depuis que son nom a été associé à celui de DSK dans l'affaire du Carlton de Lille risquait dix ans de prison.

Condamné pour quasi toutes les préventions, Dodo la Saumure a été reconnu comme le dirigeant d'une association criminelle ayant pour but de créer et gérer des dizaines de maisons de plaisir dans plusieurs arrondissements judiciaires belges sous le couvert de sociétés de façade créées par Dodo la Saumure.

Les complices de Dodo la Saumure sont aussi condamnés
En plus de condamner Dominique Alderweireld, le tribunal a aussi condamné ses complices. Jean-Jacques Martin, dit l'Assassin en raison de ses antécédents judiciaires en France, a été condamné à trois ans de prison avec sursis de cinq ans. Il est considéré comme étant l'homme de confiance de Dodo la Saumure.

L'ex-cascadeur Christian Mercier, considéré comme le numéro 3 après qu'il eut choisi de vendre ses bars situés à Mouscron et en Flandre occidentale à Dodo, tout en en assurant la gérance, écope de deux ans de prison avec sursis.

Les deux anciennes compagnes de Dodo, Lucette Therasse et Cécile Lerat, utilisées par le patron pour acheter en leurs noms des bâtiments aménagés en maisons closes, et qui se prostituaient également, sont condamnées à un an de prison avec sursis. Le tribunal a estimé que les procès verbaux de police ne laissaient pas apparaître une soumission mais une participation volontaire.

L'actuelle compagne de Dodo la Saumure, Béatrice Legrain, est condamnée à trois ans de prison avec sursis pour les mêmes préventions que son compagnon, mais sur une période infractionnelle moins longue.

Le tribunal correctionnel a regretté que Dodo et ses compagnes ont continué leurs activités malgré le fait qu'ils ont été placés, plus d'une fois, en détention préventive pour proxénétisme. "Malgré les demandes du juge d'instruction, ils ont poursuivi leurs activités en se référant à l'absence de texte légal en la matière", a commenté le tribunal.

L'avocat de Dodo la Saumure évoque un jugement embarrassé
Me Sorin Margulis, qui défend les intérêts de Dodo la Saumure, estime que le jugement rendu par le tribunal est "légèrement embarrassé". "Je comprends que le tribunal est ennuyé mais les arguments donnés sont extrêmement subjectifs", a commenté l'avocat parisien.

"Le tribunal n'a pas tenu compte de l'erreur invincible. Mon client a exercé une activité durant 12 ans sans se rendre compte qu'il commettait une infraction. La réponse apportée par le tribunal reste très subjective à mon sens. Il n'a pas eu envie d'aller trop loin dans la sanction estimant que le débat doit se faire ailleurs".

L'autre avocat de Dodo la Saumure, Me Etienne Wery, a qualifié le jugement de "mi figue, mi raisin" en regrettant que le tribunal n'ait pas retenu l'argument essentiel de la défense, qui consiste à dire que la Belgique ne poursuivait plus l'infraction retenue par l'article 380 du code pénal depuis plus de trente ans.

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