Passés à tabac à la piscine

Charly Lebrun Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Jeudi dernier, un père et sa fille ont passé leur soirée aux urgences de Mouscron

KLUISBERGEN Jeudi dernier, un vent de folie a frappé certaines piscines de la région tournaisienne. On pensait que la mini-émeute nécessitant l’intervention de la police à Mouscron aurait suffi, mais, le même jour, des faits graves se sont passés à Kluisbergen, sur le versant néerlandophone du Mont-de-l’Enclus, un site touristique situé entre Tournai, Renaix et Audenarde.

Un homme et sa fille ont été passés à tabac aux abords du bassin, vers 18 h. La cause de ce déchaînement est simplement une remarque des plus banales. “Nous étions en famille, allongés dans l’herbe. Des jeunes s’amusaient à jouer avec une balle depuis un moment. Et tout à coup ma femme l’a reçue” , explique Stéphane Samyn. “J’ai donc gentiment demandé à ceux-ci s’ils voulaient bien aller jouer plus loin.”

En formulant cette requête légitime, l’homme n’imaginait pas le déchaînement de violence qui allait s’ensuivre. Les jeunes s’en sont pris à son fils, visant la tête de celui-ci avec le ballon. Les insultes ont ensuite fusé, en arabe, une langue maîtrisée par la fille de Stéphane, puisque celle-ci est mariée à un Marocain. “J’ai dit que ça ne servait à rien de m’insulter comme cela, puisque je comprenais tout. L’un d’eux m’a alors demandé de traduire, ce que j’ai fait. Et là, comme blessé dans son amour-propre, l’un d’eux m’a balayée et je suis tombée la tête la première. On m’a ensuite donné des coups de pied alors que j’étais au sol” , explique Amandine, la fille, âgée de 22 ans. “En voyant cela, je me suis levé pour intervenir, et j’ai dit à mon fils d’aller chercher un maître-nageur” , raconte Stéphane.

La violence allait dès lors atteindre des sommets ! Pendant que le père discutait avec le surveillant, l’un des jeunes l’a frappé à plusieurs reprises. “La police est intervenue, au bout d’un petit temps… Les jeunes ont tenté de fuir mais un témoin a réussi à rattraper l’agresseur, un jeune de 17 ans qui habite Renaix” , ajoutent les victimes. Résultat des courses, la fille a une légère commotion cérébrale, de nombreux hématomes et une cervicalgie qui l’oblige à porter une minerve. Le père, lui, s’est fait poser six points de suture au visage, souffre d’une commotion cérébrale et d’une entorse du genou. “C’est scandaleux. En tant que Mouscronnois, nous n’allons jamais à la piscine de Mouscron, de peur de nous faire agresser car celle-ci n’est pas en reste (NdlR : une bagarre survenue avec le personnel de sécurité. Elle a fait l’objet de cinq arrestations administratives la semaine dernière), et voilà ce qui nous arrive ! En arrivant, on a demandé notre carte d’identité, ce qui nous a donné un sentiment de sécurité, mais nous avons vite déchanté ! À l’intérieur, il y avait déjà eu des bagarres pendant la journée. À quand une piscine pour nous, Mouscronnois ou autres, et pas pour tous ces Français et autres personnes malintentionnées qui viennent ici ? Ce n’est pas en leur faisant payer un euro de plus qu’ils ne nous ennuieront plus .”

Une solution pas évidente quand on sait qu’à Mouscron, par exemple, environ 80 % des visiteurs de la piscine viennent de l’autre côté de la frontière. Visiblement, la sécurité, même dans ces lieux censés être de détente, pose problème. Est-ce une question de mentalité, d’éducation ou de banalisation simplement de la violence ? La question mérite d’être posée.



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