Faits divers En brûlant en feu rouge à vive allure, il avait tué deux amis d’enfance.

Les courtes vies de Diego Mauro, 17 ans, et Gulian Messina, 19 ans, se sont arrêtées le 23 mai 2015, vers 3 heures du matin. Cette nuit-là, les deux jeunes l’avaient passée à faire la fête avec leur ami d’enfance Florian Di Rupo, accessoirement petit-neveu de l’ancien Premier ministre. L’équipée avait décidé de rentrer à La Louvière pour se remplir l’estomac. Mais alors qu’il circulait à vive allure sur la RN59 à hauteur de Morlanwelz, Florian Di Rupo a franchi un feu rouge, percutant de plein fouet une camionnette.

Le choc n’a laissé aucune chance à Diego et Gulian. Le jeune conducteur, lui, a été éjecté et grièvement blessé. Mais il a survécu et doit aujourd’hui répondre de sa conduite irresponsable.

Vu le patronyme de l’intéressé, des rumeurs ont couru sur une éventuelle manipulation de l’enquête. Florian Di Rupo était ivre, sous l’influence de stupéfiants, disait-on. On évoquait aussi une course avec une autre voiture. Des pétitions ont été lancées sur les réseaux sociaux où le jeune homme a subi un véritable lynchage. Mais à l’heure de juger celui-ci devant le tribunal de police, rien de tout cela n’est établi. "Il a été entendu directement après l’accident et aucune trace d’alcool ou de drogue n’a été décelée dans son sang", a plaidé ce vendredi Me Discepoli, conseil du conducteur déjà condamné pour un excès de vitesse (85 au lieu de 50 km/h). "Il reconnaît ses torts : c’est un drame de la distraction et de l’inconscience d’une certaine jeunesse. Il était distrait car il discutait avec ses copains et chipotait sur son autoradio. Les victimes étaient ses amis d’enfance qu’il connaissait depuis l’âge de 8 ans. Croyez bien qu’il regrette ce qu’il a fait", a déclaré l’avocat qui s’en est remis à la sagesse du tribunal quant à la peine.

Du côté des parties civiles, aucune excuse ne semble acceptable. Deux jeunes ont perdu la vie et rien ne pourra les ressusciter. Me Rons, conseil d’une des mamans, a sollicité un dommage de 12.500 euros provisionnels. De son côté, le parquet a résumé ces faits tragiques en deux petites minutes, énergie comprise, pour requérir une "application sévère de la loi".

Jugement le 22 décembre.