Faits divers

Six perquis pour trois Magritte

BRUXELLES Sans autre commentaire, le 1er substitut Jos Colpin, porte-parole du parquet de Bruxelles, confirme que, dans le cadre d'un dossier traité par la juge d'instruction Mme Sylvania Verstreken, la police fédérale a procédé mardi à six perquisitions en Région bruxelloise.

Le dossier concerne M.Pierre Salik, déjà inculpé par le juge J.-Cl. Van Espen de faux, usage de faux et corruption active.

Plusieurs personnes ont en outre été entendues comme témoins. Elles ont fourni des explications à tout le moins satisfaisantes dans la mesure où aucune n'a été mise à la disposition du juge.

Le conflit est connu. Depuis plusieurs années, deux hommes d'affaires en compétition se vouent une haine féroce et se déchirent en multipliant les procédures.

Selon le vent, celles-ci valent à l'un puis à l'autre de recevoir la visite de la police. Bref, les perquis d'avant-hier ne sont pas les premières.

Un des incidents - dénoncé déjà en 2000 - porte sur trois tableaux de Magritte (Le Bout du Monde, Les Compagnons de la Peur et Les Nouvelles célestes) que possédait M.Salik. Par ces perquisitions et auditions, la justice bruxelloise a voulu vérifier que les Magritte (en leur temps estimés quand même à quelque 3,5 millions d'euros!) n'étaient pas l'un des maillons d'un système frauduleux de blanchiment.

Les devoirs menés avant-hier n'ont pas abouti à cette conclusion, mais l'enquête va se poursuivre.

Bien qu'inculpé depuis début octobre 2002, Pierre Salik, qui a donné son nom aux fameux jeans fabriqués en Belgique, est évidemment présumé innocent.

D'ailleurs, c'est un dossier dans lequel le parquet de Bruxelles ne se précipite pas. Et si M. Salik est inculpé, un magistrat non professionnel juge consulaire au tribunal de commerce de Bruxelles a été mis en inculpation, lui, pour corruption passive.

© La Dernière Heure 2005