Faits divers Ils ont affirmé leur innocence devant la chambre du conseil de Bruxelles. Le parquet a demandé le non-lieu.

Huit policiers de la zone Bruxelles-Nord ont comparu, mardi, devant la chambre du conseil de Bruxelles, à la suite d’une constitution de partie civile déposée par la famille d’un trafiquant de stupéfiants. Le parquet a demandé le non-lieu contre tous les policiers. La partie civile, après des années, n’a pas souhaité demander le renvoi devant le tribunal correctionnel, faute de charges suffisantes pour se transformer en preuves…

Le 11 mars 2014, une opération policière d’envergure est menée à Schaerbeek dans le cadre d’un trafic de stupéfiants. Une dizaine de perquisitions sont réalisées simultanément, alors que la voie publique est confinée, dans un quartier difficile de la commune. Le trafic soupçonné aurait eu cours entre décembre 2012 et août 2013, impliquant notamment un homme aujourd’hui en prison, Hamza K. Comme le jeune homme est une cible prioritaire, une équipe importante est appelée pour mener la perquisition, dans la rue Portaels, dans le quartier de la Cage aux Ours.

La perquisition est pointilleuse. Aucune violence n’est menée, ni d’un côté, ni de l’autre mais les policiers ont retourné le logement pour y retrouver de la drogue.

Finalement, une quantité importante de stupéfiants est retrouvée dans le pare-choc d’une voiture stationnée dans le garage. Hamza K. est interpellé, inculpé. Il sera par la suite condamné et se trouve toujours aujourd’hui en prison.

Mais sa famille a été profondément choquée par la perquisition qu’elle a estimée bien trop violente. Au début, certains de ses membres ont même affirmé que les policiers avaient eux-mêmes planqué des stupéfiants dans le logement en les amenant à l’aide d’une mallette… il n’en était rien. Deux mois après la perquisition, la famille d’Hamza K. dépose plainte avec constitution de partie civile contre huit des policiers présents le jour de la perquisition. De manière automatique, un juge d’instruction est saisi. Et tout aussi mécaniquement, tout ce petit monde a été convoqué devant la chambre du conseil.

Les policiers , dont l’officier de police judiciaire, défendu par Me Maxime Lauria, ont demandé le non-lieu, insistant sur le fait que la perquisition s’est déroulée de manière tout à fait normale. Le parquet aussi, affirmant, selon nos sources, que les accusations des parties civiles relevaient d’un "grand n’importe quoi". L’avocate de la famille, Me Maryse Alié, qui n’était pas l’auteur de la constitution de partie civile, a regretté les difficultés de prouver que la perquisition était allée trop loin.