Faits divers Dimitri Soblet n’a pas hésité à utiliser des phrases chocs pour décrire son client.

Mardi matin, les avocats de la défense ont eu la parole. Dimitri De Coster a rappelé aux jurés que Jérémy Pierson ne mentait pas toujours. "Ne le condamnez donc pas pour ce qu’il n’a pas commis."

Il se réfère aux faits que les avocats des parties civiles et l’avocat général ont imputé à son client. Trop facile, selon lui. Car les preuves n’existent pas. "Vous nous dites que l’accusé a torturé Sauvane Watelet. Je conteste les faits. J’y vois plutôt une séquestration et un viol. Mais pas de torture. Vous dites qu’il a été violent avec l’infirmière de St-Avold ? La dame affirme pourtant que son agresseur ne l’a pas touchée. Qu’elle est tombée toute seule. On ne peut donc pas l’accuser de violence sur cette personne, comme on nous l’a vendu. Vous l’accusez encore d’avoir récupéré et vendu les écouteurs de Maria H. le lendemain de son agression. Pourquoi aurait-il fait cela ? Personne ne sait ce qui est arrivé à ces écouteurs. Vous dites qu’il a fabriqué lui-même un tournevis avec un pic (celui qui a servi à menacer Béatrice). Il affirme l’avoir volé dans un garage. Mais vous lui imputez tout, alors qu’il n’a pas commis ces faits. Je ne l’accepte pas."

Bref, son avocat s’insurge contre le fait de vouloir tout imputer à Jérémy Pierson, faute d’avoir pu établir la vérité. "Le délit de sale gueule", comme il le souligne encore.

Un élément capital qui tend partiellement à dédouaner son client. Place ensuite à Dimitri Soblet, son avocat depuis plusieurs années. Au final, il suit la même route que son confrère. "Celui-là, je ne l’aime pas", dit-il en pointant du doigt son client et en le nommant bizarrement. "Mais j’aime bien le défendre et je vais transpirer pour le défendre jusqu’au bout. N’en faites pas un coupable parce qu’il ment. Ne croyez pas non plus que parce qu’on dit de lui que c’est un psychopathe, il ment tout le temps."

Sur le fond du dossier, on n’en saura pas plus. C’est là que le bât blesse. Jérémy Pierson est-il un meurtrier, un assassin ou aucun des deux ? Il n’aurait plus eu la maîtrise des choses. Il aurait été dépassé par les événements. Puis, en s’adressant aux jurés, Dimitri Soblet leur lance : "L’enlèvement de Béatrice a causé son décès. On nous parle d’un Pierson posé, qui aurait prémédité ses actes. Franchement, vous croyez que celui-là (il montre encore du doigt son client) est capable de réfléchir ? Celui-là même qui vole des voitures et ne fait que s’embourber après ? Il n’aura jamais un prix Nobel. Faites attention à l’émotion et à la pression que cette affaire confère. Vous ne devez rendre de comptes à personne. N’ayez pas peur de laisser vos bagages à la consigne. Sous-entendu, répondez calmement aux questions qui vous seront soumises et suivez-nous sur les questions auxquelles notre client n’est pas coupable. Pierson ne doit pas être dédouané, mais condamné pour et uniquement pour ce qu’il a fait."

"C’est un prédateur"

Quand l’avocat Jean Mignon prend la parole, c’est pour rappeler que Jérémy Pierson est bel et bien un meurtrier. "Trois sœurs (Sauvane, Maria H. et Madame G.) sont venues témoigner. Elles ont rendu hommage à Béatrice à leur manière. Elles ont, en quelque sorte, renforcé l’adage que tout le monde connaît dans notre pays : l’Union fait la force."

Jean Mignon précise que l’habit ne fait pas le moine. Le fait que l’accusé se soit présenté avec un costume ne fait pas de lui un saint. "C’est un prédateur. Souvenez-vous du témoignage de Sauvane. Lorsqu’elle s’est échappée, elle préférait se jeter sous une voiture qui passait plutôt que de retourner avec Pierson. Elle en souffre encore aujourd’hui."

L’avocat parle ensuite de deux faits capitaux. Selon lui, Jérémy Pierson a bel et bien eu l’intention de tuer Béatrice Berlaimont. Il s’est débarrassé de ce "boulet encombrant" quand il en a eu marre. Avant de confirmer que l’accusé est un calculateur, capable de penser avant de prendre une décision. Et donc, de préméditer la mort de la jeune fille. "Il a eu huit jours pour mûrir sa réflexion. À la fin, il a décidé de l’attacher de telle sorte qu’elle ne puisse survivre. Comment croire qu’il n’y a pas eu préméditation ?"