Faits divers Le Plan Canal, prévu pour durer trois ans, est en phase de croisière. Les premiers chiffres sont connus.

"Je vais nettoyer Molenbeek", ainsi s’était exprimé, excédé, le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA) après les attentats du 13 novembre à Paris lorsque l’on avait appris que plusieurs des auteurs étaient originaires de Molenbeek. Trois mois plus tard, le Plan Canal était mis en place.

Le plan prévoyait l’injection de 39 millions d’euros dans le cadre de ce plan d’action "contre la radicalisation, l’extrémisme violent et le terrorisme dans la zone du canal".

Hormis Molenbeek, sept communes étaient concernées : Saint-Gilles, Anderlecht, Koekelberg, Bruxelles, Saint-Josse, Schaerbeek et Vilvorde.

Des renforts policiers ont été envoyés dans les zones de police. Le Plan Canal s’est aussi - et surtout - traduit par un renforcement des contrôles, que ce soit en matière d’aménagement du territoire, de contrôle des asbl et des logements.

Trop souvent en effet, les administrations communales n’étaient pas au courant de qui habite effectivement dans les différents logements des communes.

Il n’était pas question toutefois, comme M. Jambon l’avait précisé, de mener des perquisitions administratives systématiques. L’accent était surtout mis sur les visites domiciliaires à la suite de l’inscription ou du changement d’adresse. Le but était de mettre au jour toutes sortes de fraudes telles que les domiciliations fictives, l’hébergement illégal et les planques dont se nourrit le terrorisme.

Le nombre de contrôles menés au cours de l’année 20.156 est impressionnant. Au total, 97.245 habitations ont été contrôlées dans les sept communes de la Région Bruxelloise et 3.156 à Vilvorde.

Et ces contrôles ont, si l’on peut dire, été fructueux. Il y a eu au total 10.605 propositions de radiations d’office (c’est-à-dire de personnes dont la domiciliation était erronée). Ces chiffres ont été communiqués par le ministre de l’Intérieur en réponse à une question écrite du député Brecht Vermeulen (N-VA).

C’est Anderlecht , qui était avec Molenbeek la commune où la situation était la plus problématique, qui a mené le plus de contrôles. Il y en a eu 26.804 dans le courant de cette année 2016.

Viennent ensuite Schaerbeek (18.627 contrôles de résidence) et Bruxelles (18.232 contrôles de résidence à l’inscription). A Schaerbeek, il y a eu 1.713 radiations d’office et 1.504 procès-verbaux pour non-respect des obligations relatives à l’inscription au registre de la population ou au registre des étrangers. Pour Bruxelles, la police a proposé 3.835 radiations d’office.

A Molenbeek, 12.475 contrôles ont été menés dans le cadre d’enquêtes de population. Au total, 8.603 habitations individuelles ont été contrôlées. Ce qui est un chiffre important quand l’on sait que la commune comptait 95.000 habitants.

Pour Molenbeek et Koekelberg (qui fait partie de la même zone de police et ou 1.549 maisons individuelles ont été contrôlées), 642 procès-verbaux pour non-respect d’inscription au registre de la population ou au registre des étrangers ont été dressés tandis que 75 dossiers de concernant des bâtiments inhabitables ont été ouverts.